Je connais Ndéné Mbodj depuis ma première année à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ndéné Mbodj se distinguait par son éloquence, son art de la parole mais surtout sa connaissance profonde des questions philosophiques, sociales et même juridiques. Il était l’un des meilleurs dirigeants de l’amicale des étudiants que l’université ait jamais connus après la génération des Modou Diagne Fada. Je me rappelle qu’à chaque fois qu’il y avait une manifestation, on se précipitait vers la direction du COUD pour l’écouter. On se tenait debout pendant toute la durée de ses discours à l’écouter sans éprouver la moindre fatigue. Il était vraiment impressionnant dans ses interventions. Je me rappelle qu’on le tenait par les bras pour le faire monter sur le podium puisqu’il était petit par la taille mais grand par l’esprit. Il intervenait en dernière position, car si on commettait l’erreur de le laisser parler en premier, les autres intervenants n’auraient personne en face d’eux pour les écouter ; tellement ses propos nous suffisaient amplement.
C’est là-bas que j’avais appris à me battre pour mes idées et pour mes convictions auprès de cet homme mais aussi auprès d’autres hommes tels que Mame Birame Wathie de Walf et Babacar Diop l’actuel Maire de la ville de Thiès dont j’ai été le chargé de communication à la veille des renouvellements de l’amicale des étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines. Ils étaient, bien sûr, nos devanciers à l’université.
Cependant, depuis sa nomination à la tête de la direction du COUD, je ne reconnaîs plus Ndéné Mbodj, tant sur la forme que sur le fond de ses discours. Que s’est-il passé pour qu’un intellectuel de sa trempe puisse se métamorphoser à un tel niveau et en si peu de temps ? Comme le disait Kocc Barma Fall « Si tu veux enlever à une personne sa dignité, son humanité, donne-lui chaque jour de quoi se nourrir sans effort ; à la longue, tu feras d’elle un animal. » Je pense que la nomination de Ndéné Mbodj au poste de directeur du COUD a fini par lui enlever sa dignité et son humanité au point qu’il est devenu un animal qui se fait ridiculiser sur les plateaux de télévision pour son incohérence, mais aussi pour son impertinence face à des questions aussi terre à terre.
Quand Ndéné Mbodj peine, devant le journaliste Moustapha Diop de Walf, à donner l’idéologie de son nouveau parti Kiiray, il dit dans un balbutiement : « c’est le pan du projet qui part… tout ce qui est de l’ordre de l’éthique, de la transparence, du panafricanisme éclairé et d’action. » Ndéné Mbodj sous-entend par ces propos que ce qui est parti avec Pastef est à minimiser et que la quintessence du projet est avec Kiiray. Quelle médiocrité ! Quelle réinvention de l’histoire ! Je suis convaincu qu’il n’a pas subi de lavage du cerveau mais qu’il est plutôt terrorisé par l’idée de perdre son poste si l’on nous fait savoir qu’il recevait des pressions de la part de l’exécutif pour se débarrasser de ses alliés.
La malhonnêteté intellectuelle de Ndéné Mbodj a atteint son paroxysme au moment où il établissait une comparaison entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Léopold Sédar Senghor, et pire encore entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Cheikh Anta Diop sur la théorie du savoir, le savoir comme pilier de l’économie. Voilà le culte de la personnalité que son mentor Diomaye refusait à Sonko allant jusqu’à parler du messianisme. Aujourd’hui, c’est la nouvelle trouvaille de ses nouveaux alliés qui veulent hisser Diomaye à un niveau qu’il n’atteindra jamais. Heureusement, le journaliste ne lui a pas accordé cette marge de manœuvre de manipulation, puisqu’il est certain que le cas de Ndéné Mbodj relève enfin d’une schizophrénie sans précédent.
La réalité socio-économique de ce pays ne se fait conter par personne, car chacun dans son coin, est en train de vivre ou de subir les affres de l’incompétence, de l’incapacité et du tâtonnement de ce régime à faire bouger les lignes.
Bacary KONTE
Pastef/Ziguinchor









