L’état du pont Émile Badiane inquiète de plus en plus les populations du Sud. Vieil de plus de cinquante ans et confronté à une dégradation avancée, l’ouvrage continue de susciter l’inquiétude. Son état de dégradation avancée alimente une véritable psychose chez les usagers, particulièrement au passage des poids lourds ; ce qui pose de sérieuses questions sur sa sécurité.
Le pont Émile Badiane, véritable passage stratégique pour les populations et les activités économiques de la région de Ziguinchor et au-delà de nombreuses zones et contrées de la Casamance, a fait l’objet de nombreuses alertes. Société civile, activistes, usagers et populations réclament sa réhabilitation et surtout la construction d’un deuxième pont à Ziguinchor, avant que l’irréparable ne se produise.
Pour Madadiop Sané, Coordonnateur du mouvement Vision Citoyenne, la situation est devenue alarmante. « Nous avons constaté que ce pont est dans un état de délabrement très avancé. Un pont vieux de plus de 50 ans qui fait face à cette situation du pont Émile Badiane qui croule sous le poids de l’âge. Malheureusement, ce qu’il y avait sur ce pont, ce sont des centaines de véhicules et des milliers de tonnes qu’il supporte quotidiennement. Certains affirment également ressentir des vibrations lorsque les gros porteurs traversent le pont, renforçant l’inquiétude. Nous ne pouvons continuer à vivre avec cette psychose », alerte Madadiop Sané.
La colère monte également autour du projet de construction d’un deuxième pont. La demande se fait désormais plus pressante. Au-delà d’une promesse ou d’une simple annonce, la construction d’un deuxième pont est présentée par les populations comme une nécessité et une urgence pour Ziguinchor et toute la Casamance.
Selon l’activiste, l’ouvrage a déjà fait face à de nombreuses promesses : « Les autorités nous avaient servi une date pour la pose de la première pierre pour le 31 juillet dernier, avant que cette échéance ne soit reportée. Une décision qui passe mal auprès des populations du Sud. Où sont les fonds mobilisés pour le projet ? Où sont les autorités pour parler du report ? Elles nous balancent un communiqué pour parler du report du projet : « Où sont les fonds ? » »
« Nous ne pouvons accepter des rafistolages », dénonce l’activiste qui interpelle directement les pouvoirs publics sur le financement de cet ouvrage. Des chauffeurs, notamment de marchandises, ont très peur. Des accidents ayant causé des pertes en vies humaines ont déjà été déplorés sur cet ouvrage.
Face à cette situation, la colère des usagers est palpable. Ils n’excluent pas de se soulever pour se faire entendre. Des actions sont en gestation, avant qu’une nouvelle annonce de la pose de la première pierre ne soit reportée, dit-il.
horizon.sn avec Sud quotidien









