OULAMPANE / TOBOR — En tournée dans la région de Ziguinchor, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, veut passer à une nouvelle étape dans la valorisation du potentiel agricole de la Casamance. À Oulampane comme à Tobor, le ministre a insisté sur la nécessité de mieux coordonner les interventions de l’État, d’accélérer la mécanisation et de faciliter l’installation durable des jeunes et des femmes.

Une nouvelle méthode pour l’État
Cette visite de terrain s’inscrit, selon le ministre, dans la volonté du président de la République de rompre avec une approche consistant à attendre que les problèmes apparaissent avant d’intervenir.
« Nous devons anticiper, nous devons avoir de la veille », a déclaré Cheikhou Oumar Ba, soulignant l’importance de confronter les données remontées par les services techniques aux réalités constatées directement auprès des populations.
Le ministre s’est particulièrement intéressé aux initiatives développées par les jeunes dans le département de Bignona, qui représente, selon lui, 72 % du territoire de la région de Ziguinchor.

Oulampane, une ferme qui séduit le ministre
La visite d’une ferme à Oulampane a constitué l’un des temps forts de la tournée. Le site accueille des jeunes venus de plusieurs régions du Sénégal, mais également de pays voisins, notamment de Gambie.
Pour le ministre, cette expérience démontre qu’il existe déjà des initiatives capables de contribuer à l’insertion des jeunes. Le défi consiste désormais à les accompagner, les renforcer et surtout à reproduire les modèles qui fonctionnent.
« Nous devons pouvoir faire partout ce qui se fait dans ce centre, rapidement et bien », a-t-il indiqué.

État, privé et collectivités appelés à travailler ensemble
Cheikhou Oumar Ba estime toutefois que l’impact des programmes agricoles reste limité par un manque de coordination entre les différents acteurs.
Il appelle ainsi à une collaboration plus étroite entre l’État, le secteur privé et les collectivités territoriales.
Le ministre a annoncé l’organisation prochaine d’une rencontre consacrée à l’insertion et à l’installation des jeunes. Cette rencontre devra permettre de mettre en cohérence les différents mécanismes d’accompagnement, notamment ceux de la DER, les projets du ministère comme PROVAL-CV, ainsi que les autres interventions publiques.

500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs annoncés
La mécanisation figure également parmi les priorités affichées par le gouvernement.
Selon Cheikhou Oumar Ba, l’État prévoit de mobiliser 500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs destinés à être déployés à travers le Sénégal, avec un système de subvention et une contribution des bénéficiaires.
Le ministre souhaite également s’appuyer sur le modèle des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) pour faciliter l’accès des producteurs aux équipements.

Affiniam : « voir la faisabilité » des solutions
Le barrage d’Affiniam constitue un autre dossier majeur évoqué lors de la visite. Les populations ont fait part de leurs fortes attentes concernant la valorisation de l’ouvrage et son impact sur le développement agricole.
Le ministre a annoncé des discussions avec la SODAGRI et les autres partenaires intervenant dans la région afin de mutualiser les initiatives déjà existantes.
« Au lieu de refaire encore d’autres rencontres, nous devons juste sortir les éléments de réponse et voir la faisabilité », a-t-il déclaré.
Un hectare pour les jeunes et les femmes ?
Autre piste avancée : favoriser l’accès des jeunes et des femmes aux terres agricoles.
Le ministre estime que les exploitations familiales peuvent jouer un rôle majeur dans l’installation de la nouvelle génération. Il a ainsi évoqué la possibilité de consacrer une partie des terres familiales à des jeunes, des femmes ou à d’autres membres de la famille souhaitant investir dans l’agriculture.
Créer un véritable parcours de la formation à l’installation
Pour Cheikhou Oumar Ba, la réussite de cette politique passe enfin par la mise en réseau des structures existantes.
Le centre visité à Oulampane pourrait ainsi être davantage connecté aux expériences développées à Guirina, dans les lycées agricoles et au sein des ISEP.
L’ambition est de construire un véritable écosystème reliant formation, financement, équipement, accompagnement et installation.
À travers cette nouvelle démarche, le gouvernement entend transformer les importantes potentialités agricoles de la Casamance en résultats concrets, avec comme priorités l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes et l’augmentation durable de la production agricole.








