Sénégal–Guinée-Bissau : des patrouilles conjointes pour sécuriser la frontière et renforcer la confiance

ZIGUINCHOR — La coopération sécuritaire entre le Sénégal et la Guinée-Bissau franchit une nouvelle étape. Réunis à Ziguinchor du 10 au 13 août 2026, les commandements des zones militaires n°5 et n°6 du Sénégal et leurs homologues bissau-guinéens ont arrêté un plan opérationnel destiné à renforcer la surveillance de leur frontière commune à travers des patrouilles conjointes.

Organisée sur instruction du vice-amiral d’escadre, chef d’état-major général des Armées, cette réunion de planification a rassemblé les principaux responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS) des deux pays. Au terme de trois jours de travaux, les participants ont identifié les principales menaces qui affectent la zone frontalière et défini des mécanismes communs de coordination et de communication.

Selon le colonel Cheikh Guèye, commandant de la zone militaire n°5, les échanges se sont déroulés dans un climat marqué par « le respect et la sincérité ». Les travaux ont notamment permis d’identifier la présence de bandes armées, les trafics illicites ainsi que d’autres formes de menaces susceptibles d’affecter la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens.

Un calendrier de patrouilles sur douze mois

L’une des principales conclusions de la rencontre porte sur l’élaboration d’un calendrier de patrouilles conjointes couvrant une première période de douze mois. Les opérations seront déployées en fonction des menaces recensées et des secteurs considérés comme prioritaires.

Ces patrouilles ne seront pas limitées aux seules forces armées. Elles devraient mobiliser l’ensemble des services engagés dans la sécurisation de la frontière : armées, gendarmerie nationale, police, notamment la Direction de la Police de l’Air et des Frontières (DPAF), douanes et services des eaux et forêts.

« Nous avons pu établir un calendrier des patrouilles conjointes entre les FDS sénégalaises et les FDS bissau-guinéennes », a indiqué le colonel Cheikh Guèye, précisant que le démarrage des opérations est attendu « dans un futur proche ».

Pour le commandant de la zone militaire n°5, l’enjeu dépasse toutefois la seule dimension opérationnelle. La rencontre de Ziguinchor doit également contribuer à consolider la confiance entre les forces des deux pays, considérée comme un élément essentiel de la stabilité de la frontière.

Les vols de bétail parmi les principales menaces

Du côté bissau-guinéen, le commandant de la zone Nord, Pansau Intchana, chef de la délégation de la Guinée-Bissau, a salué la coopération entre les deux pays. Il a rappelé que celle-ci s’inscrit dans le cadre de l’accord technique bilatéral conclu en 1976, toujours en vigueur.

Selon lui, la sécurisation de la frontière doit notamment permettre de garantir la libre circulation des personnes et des biens et de préserver un climat de confiance au sein des communautés frontalières.

Le responsable militaire bissau-guinéen a particulièrement insisté sur la recrudescence de vols à main armée de bétail attribués à des bandes armées non identifiées. Ces actes, a-t-il expliqué, ont constitué l’un des éléments ayant conduit les deux parties à renforcer leur dispositif commun.

Le plan opérationnel élaboré à Ziguinchor vise ainsi à apporter une réponse coordonnée à ces menaces, avec une implication des forces de sécurité et des populations locales.

« Des frontières qui soient des espaces de paix »

Au-delà de la lutte contre la criminalité transfrontalière, les autorités militaires sénégalaises et bissau-guinéennes affichent une même ambition : faire de la frontière un espace sécurisé, favorable aux échanges et au bien-être des populations.

« Nous devons faire de sorte que ces frontières soient des espaces de paix, des espaces sécurisés pour le bien-être de nos peuples », a déclaré le colonel Cheikh Guèye.

Cette nouvelle phase de coopération intervient dans un contexte où les deux pays entendent renforcer la surveillance de leur frontière commune face aux trafics, aux bandes armées et aux autres formes de criminalité transfrontalière.

À travers ces patrouilles conjointes, Dakar et Bissau misent donc sur une réponse collective, une meilleure circulation de l’information entre leurs forces et une présence accrue sur le terrain. Une démarche qui doit, à terme, contribuer à sécuriser les populations, leurs activités économiques et la circulation des biens et des personnes de part et d’autre de la frontière.

C.M.K horizon.sn

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