COMMUNIQUÉ N° 002-2026 Rejet de la LFR 2026 : Ziguinchor refuse que ses priorités soient sacrifiées

En ma qualité de responsable régional de KIIRAAY – ZIGUINCHOR, j’interpelle solennellement les cinq députés PASTEF élus dans notre région, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, fils de la région, sur les conséquences graves du rejet du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la Commission des finances et du contrôle budgétaire. Ce rejet ne constitue pas, à mes yeux, un simple désaccord parlementaire ou une divergence technique entre institutions. Il expose directement les priorités de développement de Ziguinchor à des reports, à des insuffisances de financement et à un risque réel de blocage des chantiers structurants.

Les populations de Ziguinchor attendent de leurs représentants une défense claire, visible et effective de leurs intérêts. Elles refusent que les rivalités politiques, les postures idéologiques ou les calculs parlementaires se traduisent par de nouveaux retards dans la réalisation des infrastructures et par l’affaiblissement de la protection sociale. Je considère que notre région ne saurait accepter que ses besoins essentiels deviennent les variables d’ajustement d’un conflit politique entre l’Exécutif et la majorité parlementaire.

Le Premier ministre a par ailleurs averti que le rejet du texte pouvait entraîner des difficultés de trésorerie pour les entreprises du BTP, l’interruption de chantiers, des retards de paiement et des pertes d’emplois. Ces conséquences ne relèvent pas, selon moi, de simples hypothèses abstraites : elles touchent directement les travailleurs, les entreprises, les fournisseurs et les populations qui attendent la réalisation des projets publics.

Pour notre région, ces enjeux sont particulièrement sensibles. Ils concernent le pont Émile Badiane, le démarrage du second pont, le renforcement du plateau médical, la réhabilitation des routes de Kafountine et de la boucle du Fony, ainsi que l’ensemble des infrastructures nécessaires à la mobilité, à l’accès aux soins, à la production et à la cohésion territoriale. Tout retard supplémentaire dans la mobilisation des crédits compromettrait des projets déjà longtemps attendus par nos populations.

Le gouvernement avait annoncé, à l’issue du Conseil des ministres du 30 septembre 2026, la mobilisation de crédits pour la réfection du pont Émile Badiane et le démarrage des travaux d’un second pont à Ziguinchor. Cette annonce a suscité un espoir légitime chez les populations, les usagers, les transporteurs et les acteurs économiques de la région. Je considère qu’il serait profondément inacceptable que cet espoir soit désormais fragilisé par un blocage budgétaire ou par l’absence de garanties précises sur la disponibilité effective des financements.

Les députés qui ont refusé d’adopter la LFR 2026 en l’état portent une responsabilité particulière. Leur vote ne peut être présenté comme un acte neutre ou sans conséquence, car il affecte directement la capacité de l’État à financer, programmer et exécuter les investissements publics, ainsi qu’à sécuriser les transferts sociaux. Les populations ont le droit de savoir quelles solutions concrètes sont proposées pour éviter que ce rejet ne se traduise par l’abandon ou le report des projets qui conditionnent leur avenir.

Je ne conteste nullement le droit des parlementaires de débattre, de critiquer et d’amender un texte budgétaire. Le contrôle parlementaire est une exigence démocratique et une garantie essentielle de la bonne gouvernance. Toutefois, je rappelle que ce droit s’accompagne d’un devoir de responsabilité : proposer des alternatives précises, chiffrées et finançables, au lieu de laisser les populations face à l’incertitude et à l’attente.

Le groupe parlementaire majoritaire a justifié son opposition par la préservation des investissements publics, des dépenses sociales, du pouvoir d’achat et de la transparence budgétaire. Si telle est réellement sa position, alors elle doit la démontrer par des actes concrets : garantir le financement des projets de Ziguinchor, protéger les bourses de sécurité familiale et empêcher tout report des chantiers structurants de notre région. Un refus de voter ne saurait se limiter, à mes yeux, à une déclaration d’opposition ; il doit s’accompagner d’un plan clair permettant de préserver les intérêts des populations.

À défaut, ce rejet risque d’apparaître comme une obstruction politique dont les premières victimes seraient les citoyens, les travailleurs, les familles vulnérables et les territoires historiquement marginalisés. Ziguinchor, qui a longtemps attendu des investissements à la hauteur de ses potentialités et de ses besoins, ne peut plus être traitée comme un espace de négociation secondaire. Nos représentants doivent assumer pleinement leur responsabilité devant les électrices et les électeurs qui leur ont accordé leur confiance.

Le pont Émile Badiane constitue une infrastructure vitale pour Ziguinchor. Son état conditionne la circulation des personnes et des marchandises, l’accès aux services publics, le développement du commerce, du transport, de l’agriculture, de la pêche et du tourisme. Sa réfection, tout comme la construction du second pont, représente donc bien plus qu’un chantier : il s’agit d’une condition essentielle du désenclavement et du développement économique de la Casamance.

J’exige que le rejet de la LFR 2026 n’entraîne ni le report de la réfection du pont, ni le retard du démarrage du second pont. Les députés de Ziguinchor doivent obtenir et rendre publics les montants effectivement sécurisés, le calendrier des travaux, les procédures de passation des marchés, les délais d’exécution et les mécanismes de suivi. Notre région ne peut plus accepter des annonces répétées sans exécution, ni des promesses électorales transformées en attentes indéfinies.

Le plateau médical de Ziguinchor doit également être renforcé de manière durable. Nos populations attendent des équipements fonctionnels, des personnels de santé suffisants et qualifiés, des médicaments disponibles, une meilleure prise en charge des urgences et une réduction des évacuations sanitaires vers Dakar. L’accès effectif à des soins de qualité constitue un droit fondamental et un indicateur essentiel du développement humain.

Les routes de Kafountine et du Fony doivent être réhabilitées et bitumées. Elles conditionnent l’accès aux marchés, aux écoles, aux centres de santé et aux zones de production agricole, halieutique et touristique. Leur dégradation freine l’économie locale, isole les populations, augmente les coûts de transport et limite les potentialités de développement de notre région.

Les Bourses de sécurité familiale constituent par ailleurs un soutien essentiel pour de nombreux ménages démunis. Leur élargissement doit être préservé et renforcé, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines de Ziguinchor où la pauvreté, l’enclavement et la précarité restent élevés. Les familles vulnérables ne doivent pas payer le prix des blocages institutionnels ; la protection sociale n’est pas une faveur, mais un droit et une condition de la cohésion nationale.

En conséquence, j’exige des cinq députés de la région et du président de l’Assemblée nationale qu’ils garantissent que le rejet de la LFR 2026 n’entraîne aucun report, gel ou abandon des travaux de réfection du pont Émile Badiane et de construction du second pont. Ils doivent publier les montants réellement mobilisés pour ces infrastructures, ainsi qu’un calendrier précis, vérifiable et contraignant d’exécution. Ils doivent également assurer la préservation et le renforcement du plateau médical de Ziguinchor, notamment en équipements, en ressources humaines, en médicaments et en financements prévisibles.

Ils doivent en outre obtenir des engagements fermes sur la réhabilitation et le bitumage des routes de Kafountine et du Fony. Ils doivent empêcher toute réduction du nombre de familles bénéficiaires des Bourses de sécurité familiale dans notre région et garantir la régularité des paiements. Enfin, ils doivent présenter publiquement les amendements, alternatives budgétaires et solutions de financement qu’ils proposent pour préserver les investissements régionaux et les dépenses sociales.

J’avertis que toute insuffisance dans la défense des intérêts de Ziguinchor sera portée à la connaissance des populations. Les élus doivent comprendre que leur mandat est un contrat de confiance et non un instrument de positionnement politique. Ils seront tenus de rendre compte de leur action, de leurs prises de position et de leur capacité à obtenir des résultats concrets pour notre région.

Ziguinchor ne demande ni privilège ni compassion. Elle exige la concrétisation des engagements publics, la protection des familles vulnérables et la réalisation effective des infrastructures dont dépend son développement. Le rejet de la LFR 2026 ne saurait devenir le prétexte d’un nouveau report du pont Émile Badiane, du second pont, du plateau médical, des routes de Kafountine et du Fony, ni la justification d’un affaiblissement de l’appui social aux familles démunies.

Ziguinchor exige des actes, des financements et des calendriers tenus. La dignité, le développement et l’avenir de ses populations ne sont pas négociables.

Fait à Ziguinchor, le 25 octobre 2026.

Dr Jean Bernard Diatta Responsable régional de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains ZIGUINCHOR

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