Chérif Boun Chamsidine Aïdara : « La Zakat al-Fitr, un devoir de purification et de solidarité »

À l’approche de l’Aïd el-Fitr, la Zakat al-Fitr s’impose comme une obligation spirituelle et sociale majeure pour les musulmans. Entre purification du jeûne et assistance aux plus démunis, cette aumône incarne les valeurs de partage et de fraternité prônées par l’islam.

Alors que les fidèles musulmans s’apprêtent à clore le mois béni du Ramadan, la Zakat al-Fitr occupe une place centrale dans cette période de forte intensité spirituelle. Cette aumône obligatoire, versée avant la prière de l’Aïd, vise à parfaire le jeûne tout en apportant un soutien concret aux couches les plus vulnérables de la société.

le guide religieux Chérif Boun Chamsidine Aïdara président de la Fédération des Associations Religieuses de la Casamance a rappelé toute la portée spirituelle et sociale de la Zakat al-Fitr. Selon lui, cette aumône a pour objectif principal de « corriger les imperfections du jeûne et les éventuelles erreurs commises durant le Ramadan ».

Au-delà de sa dimension spirituelle, la Zakat al-Fitr joue également un rôle fondamental dans la cohésion sociale. Elle permet aux personnes démunies de vivre pleinement la fête de l’Aïd el-Fitr, dans la dignité et la joie. « Cette zakat a pour sens de compléter et de réparer notre jeûne, mais aussi de permettre aux pauvres de partager la joie de la fête », a-t-il souligné.

Le guide religieux précise que les bénéficiaires sont exclusivement les musulmans pauvres et nécessiteux. Il distingue ainsi « le pauvre », qui ne possède rien, du « nécessiteux », qui dispose de moyens insuffisants pour subvenir correctement à ses besoins, notamment en période de fête.

Concernant les modalités pratiques, Chérif Boun Chamsidine Aïdara indique que la Zakat al-Fitr doit être versée au plus tard avant la prière de l’Aïd, bien qu’elle puisse être donnée jusqu’à deux jours avant. La quantité recommandée correspond généralement à deux ou trois kilogrammes de denrées alimentaires courantes, telles que le riz, le mil ou le maïs, largement consommées au Sénégal.

Il rappelle également que la responsabilité de s’acquitter de cette aumône incombe au chef de famille, qui doit la verser pour chaque membre de son foyer ainsi que pour toute personne à sa charge. Par ailleurs, il met en garde contre certaines pratiques non conformes, notamment le fait de donner la Zakat al-Fitr après la prière de l’Aïd, ce qui va à l’encontre des prescriptions religieuses.

Enfin, le guide insiste sur le fait que, si la Zakat al-Fitr est exclusivement destinée aux musulmans nécessiteux, cela n’exclut en rien les élans de générosité envers les non-musulmans en dehors de ce cadre spécifique.

À la croisée de la spiritualité et de la solidarité, la Zakat al-Fitr apparaît comme un pilier essentiel de la fin du Ramadan. En permettant de purifier le jeûne et d’étendre la joie de l’Aïd à tous, elle rappelle l’importance du partage et du vivre-ensemble dans la communauté musulmane.

Mafou Kouyaté 

HORIZON.SN
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