Après un deuxième plan d’action suivi, selon elle, à 100 %, l’intersyndicale de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor annonce un troisième plan d’action et promet de durcir le mouvement dès la semaine prochaine. Au cœur de la plateforme : la mise en service de l’IRM destinée à la Casamance, la réhabilitation de l’hôpital, la dette de l’établissement, la gestion des déchets biomédicaux et la gouvernance.

Le ton monte à l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor. Réunie autour du SAMES, du SNTS et du SUTSAS, l’intersyndicale a procédé à l’évaluation de son deuxième plan d’action, déroulé du 3 au 30 septembre 2026. Selon son communiqué numéro 3, lu mercredi par le Dr Ousmane Diba, secrétaire général du SAMES et coordonnateur de l’intersyndicale, le taux de suivi atteint 100 %.
Pour les syndicats, cette mobilisation traduit la détermination des travailleurs à obtenir des réponses concrètes à leur plateforme revendicative. Mais surtout, elle marque le début d’une nouvelle séquence dans le conflit qui les oppose à la direction de l’établissement et aux autorités sanitaires.

L’IRM, priorité absolue
Parmi les vingt revendications portées par l’intersyndicale, une revient avec insistance : la mise en service effective de l’IRM destinée à la Casamance.
Les syndicats demandent son démarrage « dans les meilleurs délais », considérant cet équipement comme un élément majeur de l’offre de soins spécialisée dans la région.
Mais l’IRM n’est pas le seul dossier jugé urgent.
Réhabilitation, déchets biomédicaux et dette
L’intersyndicale réclame également l’installation d’un incinérateur moderne pour améliorer la gestion des déchets biomédicaux.
Elle demande, dans le même temps, la réhabilitation de l’Hôpital de la Paix, citant notamment la toiture, les plafonds, la voirie interne et le réseau de canalisation. Pour les syndicats, l’établissement nécessite désormais des travaux effectifs plutôt que de nouveaux constats.
La question de la dette figure également parmi les principaux points de la plateforme. L’intersyndicale sollicite une subvention spéciale pour permettre son apurement progressif, ainsi qu’une réévaluation transparente de son montant et un plan de résorption.

Les syndicats réclament davantage de garanties sur la gouvernance
Autre volet important : la gouvernance de l’établissement.
L’intersyndicale demande des garanties concernant la transparence dans la gestion des ressources financières, matérielles et humaines. Elle réclame notamment l’élection des délégués du personnel et du représentant du personnel, la fonctionnalité de la commission technique de l’établissement ainsi que la mise en place d’un auditeur interne.
Ces revendications s’inscrivent dans une plateforme globale de vingt points portant également sur les équipements, les examens biologiques, les droits financiers et sociaux des travailleurs, les effectifs, l’hygiène, la sécurité, les infrastructures et la modernisation.

« Le temps des promesses est révolu »
Le communiqué intervient après plusieurs rencontres avec les autorités. L’intersyndicale indique avoir participé à une rencontre convoquée par l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale avec la direction de l’établissement.
Elle affirme toutefois qu’aucun protocole d’accord officiel n’a, à ce jour, été signé.
Les syndicats évoquent également leur rencontre du 17 septembre avec le Directeur général des Établissements de santé, lors de sa mission à Ziguinchor. Ils estiment que cette rencontre n’a pas permis d’obtenir les engagements qu’ils réclament sur les différents points de leur plateforme.
« Le temps des promesses est révolu », martèle ainsi l’intersyndicale, qui réclame désormais des décisions assorties d’effets concrets.

Troisième plan d’action en octobre
C’est dans ce contexte que l’intersyndicale annonce son troisième plan d’action pour le mois d’octobre. Elle prévient également d’un durcissement du mouvement à partir de la semaine prochaine.
Tout en maintenant la pression sur les autorités, les syndicats assurent que leur démarche vise, selon leurs propres termes, à défendre l’avenir de l’Hôpital de la Paix.
« Notre détermination n’est pas dirigée contre l’hôpital, elle est pour l’hôpital », affirme le communiqué.
L’intersyndicale appelle ainsi les autorités compétentes à mesurer l’urgence de la situation et à ouvrir des discussions devant déboucher sur des décisions concrètes.
À Ziguinchor, le dossier de l’Hôpital de la Paix s’annonce donc comme l’un des points de tension majeurs du secteur de la santé au cours du mois d’octobre.
C.M.K horizon.sn










