Ralliement politique — Sous la supervision du coordinateur départemental, le Pr Ansoumana Diatta, les responsables de la coalition Diomaye Président de la commune de Nyassia annoncent leur adhésion unanime à KIIRAAY – Les Patriotes Républicains. Une décision qu’ils présentent comme un engagement en faveur du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et de la relance du développement de la Casamance, notamment le retour des populations déplacées par la crise.
ZIGUINCHOR — Le mouvement de recomposition politique se poursuit dans le département de Ziguinchor. À Nyassia, commune frontalière de la Guinée-Bissau et durement éprouvée par les conséquences de la crise casamançaise, les responsables locaux de la coalition Diomaye Président, issus de l’Union citoyenne BUNT BI, ont décidé de franchir un nouveau cap. Ils annoncent leur ralliement à KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, le parti présidentiel, sous la supervision du coordinateur départemental, le professeur Ansoumana Diatta.

L’honorable Mamadou Diallo, figure de ce ralliement, et les responsables politiques de la commune entendent ainsi inscrire leur action dans la dynamique impulsée par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Dans une déclaration politique datée du 13 septembre 2026, ils expliquent les motivations de leur choix, reviennent sur leur parcours électoral et mettent en avant les urgences de développement de leur terroir.
Derrière cette adhésion, se dessine également une volonté de peser davantage dans les décisions publiques concernant Nyassia, une commune dont le développement reste intimement lié à la question de la paix, de la sécurité et de la réinstallation durable des populations déplacées.
Un parcours politique marqué par le choix de l’autonomie
Avant de rejoindre KIIRAAY, les responsables de Nyassia rappellent leur appartenance à la coalition Diomaye Président depuis 2024. Leur engagement s’était alors construit autour de l’Union citoyenne BUNT BI, une formation qui avait choisi de participer séparément aux dernières élections législatives.
Dans leur déclaration, les responsables expliquent que BUNT BI avait refusé de soutenir la liste de PASTEF dirigée par Ousmane Sonko. Une position qu’ils présentent comme un choix politique assumé, fondé sur la volonté de contribuer à l’existence d’une majorité parlementaire différente.
« Nous nous sommes présentés tout en voulant éviter une majorité mécanique à la place d’une majorité hétérogène et responsable », indiquent-ils.
Cette orientation, selon les signataires, leur aurait permis d’obtenir un classement honorable dans le département de Ziguinchor. Ils affirment que leur liste s’était classée quatrième sur les 41 listes en compétition lors des élections législatives.
Au niveau national, toujours selon leur déclaration, le département de Ziguinchor aurait occupé, à égalité avec Oussouye, la première place au sein de BUNT BI, devant le département de Koungheul, classé troisième. Des résultats que les responsables mettent en avant pour illustrer leur implantation politique et leur capacité de mobilisation au niveau local.
Ce rappel du passé électoral n’est pas anodin. Il traduit, chez les responsables de Nyassia, la volonté de présenter leur ralliement à KIIRAAY non pas comme une rupture avec leur engagement précédent, mais comme une nouvelle étape de leur participation à la vie politique nationale.

KIIRAAY, un nouveau cadre pour accompagner le chef de l’État
La création de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains est au cœur de cette nouvelle orientation. Pour les responsables politiques de Nyassia, l’évolution de la situation politique nationale rend nécessaire un repositionnement autour de la formation présidentielle.
Réunis pour apprécier la situation politique du moment, les responsables de BUNT BI de la commune ont décidé, selon leur déclaration, d’adhérer à l’unanimité au nouveau parti. Ils affirment vouloir mettre leur expérience, leur engagement et leur ancrage local au service de la vision du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
L’objectif affiché est de contribuer au développement du Sénégal, mais également de défendre les intérêts spécifiques de la Casamance et de la commune de Nyassia.
Cette adhésion intervient dans un contexte où les responsables locaux souhaitent renforcer leur participation aux initiatives de développement territorial. Pour eux, le soutien au président de la République doit se traduire par des actions concrètes en faveur des populations, particulièrement dans les zones qui ont subi les effets de plusieurs décennies de conflit.
Le ralliement de Mamadou Diallo et de ses camarades s’inscrit ainsi dans une double logique : accompagner la majorité présidentielle et faire entendre, au sein de cette nouvelle formation politique, les préoccupations d’une commune confrontée à des défis structurels.
Nyassia, une commune au lourd tribut de la crise casamançaise
Située dans le département de Ziguinchor, à proximité de la frontière avec la Guinée-Bissau, la commune de Nyassia demeure l’un des territoires où les conséquences de la crise casamançaise ont profondément marqué le tissu social et économique.
Les responsables politiques rappellent que 15 des 25 villages que compte la commune avaient été abandonnés par leurs populations. Ces déplacements, provoqués par l’insécurité et les conséquences du conflit, ont durablement affecté la vie des communautés, les activités agricoles, les échanges économiques et l’accès aux services sociaux de base.
L’abandon des villages a également fragilisé les infrastructures existantes et compliqué l’action des pouvoirs publics. Dans plusieurs zones, le retour à une vie normale dépend de la sécurisation des espaces, du déminage, de la reconstruction des infrastructures et de la restauration des moyens de subsistance.
Pour les responsables de Nyassia, le retour des populations constitue donc bien plus qu’une simple question de réinstallation. Il s’agit d’un enjeu majeur de reconstruction sociale, de relance économique et de consolidation de la paix.

Des retours progressivement enclenchés grâce aux programmes publics
Dans leur déclaration, les responsables saluent les efforts entrepris par les différents régimes pour favoriser le retour des populations déplacées. Ils citent notamment l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), le Programme d’urgence de modernisation des axes et frontières (PUMA) et le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC).
Ces programmes, selon eux, ont contribué à enclencher une dynamique de retour au bercail et à améliorer progressivement les conditions de vie dans les zones affectées par la crise.
La situation aurait ainsi évolué au fil des années. Sur les 15 villages abandonnés évoqués dans leur déclaration, seuls quatre attendraient encore le retour de leurs populations. Il s’agit de Badème, Bagame, Bougnack et Kassou Sénégal.
Cette évolution est présentée comme un signe d’espoir, mais également comme une responsabilité supplémentaire pour les pouvoirs publics. Car si la majorité des villages a pu renouer avec une présence humaine, le retour des dernières familles demeure une priorité pour les responsables politiques de Nyassia.
Ils estiment que cette phase doit être accompagnée par des mesures adaptées : sécurisation des zones, réhabilitation des infrastructures, rétablissement des services essentiels et soutien aux populations désireuses de retrouver leurs terres.
Le Plan Diomaye pour la Casamance, une nouvelle attente
L’annonce du « Plan Diomaye pour la Casamance », doté, selon les signataires, d’une enveloppe de 53,4 milliards de francs CFA, est accueillie avec intérêt par les responsables de Nyassia.
Ils voient dans ce programme une opportunité de relancer les efforts de développement et de répondre aux besoins spécifiques des territoires affectés par la crise. La commune, soulignent-ils, dispose encore d’un important potentiel de développement, mais reste confrontée à des déficits qui freinent son essor.
Parmi les priorités citées figurent le déminage humanitaire, la construction et la réhabilitation des routes, la réalisation d’infrastructures sociales de base, l’électrification des villages, l’accès à la téléphonie et l’approvisionnement en eau potable.
Ces préoccupations touchent directement les conditions de vie des populations. Dans une commune où l’agriculture et les activités rurales occupent une place importante, l’état des routes conditionne l’accès aux marchés, l’évacuation des productions et la circulation des personnes.
L’accès à l’eau, à l’électricité et aux réseaux de communication constitue également un facteur déterminant pour la fixation des populations, la scolarisation des enfants, le fonctionnement des structures sanitaires et l’installation d’activités économiques.
Pour les responsables politiques de Nyassia, le développement de la commune ne saurait donc être dissocié de la poursuite du processus de paix. La reconstruction des infrastructures et le retour des populations doivent, à leurs yeux, avancer de manière complémentaire.

Le déminage humanitaire, une urgence toujours présente
Dans cette déclaration, la question du déminage occupe une place centrale. Les responsables de Nyassia considèrent que la sécurisation des terres demeure une condition indispensable à la reprise des activités économiques et au retour durable des populations.
Ils déplorent toutefois un ralentissement du processus de retour depuis près de deux ans. Selon eux, cette situation serait notamment liée aux difficultés rencontrées par les démineurs et les agents de l’administration du Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS).
Les signataires évoquent une grève des démineurs ainsi que des mois d’arriérés de salaires pour certains agents. Ils dénoncent également des difficultés matérielles et logistiques, notamment l’absence d’électricité, d’eau et de connexion internet dans certaines conditions de travail.
Ces contraintes, estiment-ils, ne favorisent pas la continuité des opérations de déminage, alors que plusieurs villages attendent encore de pouvoir accueillir leurs habitants dans des conditions de sécurité suffisantes.
Pour les responsables de la commune, la relance des opérations de déminage doit constituer une priorité dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance. Ils appellent à une mobilisation accrue des moyens humains, techniques et financiers.
Les équipements offerts par le Japon au centre des préoccupations
Les responsables politiques de Nyassia soulèvent également la question des équipements destinés au déminage humanitaire. Ils évoquent deux engins démineurs offerts au Sénégal par le Japon.
Selon une information qu’ils attribuent au directeur du CNAMS lors d’une tournée économique du président de la République à Darou Salam, ces engins auraient besoin de deux porte-chars pour être opérationnels. Le coût de ces équipements de transport est estimé, dans leur déclaration, à 150 millions de francs CFA.
Pour les signataires, la disponibilité de ces porte-chars permettrait de renforcer les capacités opérationnelles des équipes chargées du déminage et de faciliter leurs interventions dans les zones concernées.
Cette question illustre, selon eux, les difficultés logistiques qui continuent d’entraver la mise en œuvre des opérations sur le terrain. Ils demandent, en conséquence, que les moyens nécessaires soient mobilisés afin que les équipements disponibles puissent effectivement contribuer à la sécurisation des espaces.
L’efficacité du déminage, rappellent-ils, conditionne le retour des populations, la reprise des activités agricoles et la réhabilitation des villages affectés.
La gestion des fonds pour la paix en Casamance contestée
Dans leur déclaration, les responsables de Nyassia formulent également de sévères critiques à l’endroit de la gestion des ressources destinées à la paix en Casamance.
Ils affirment que des fonds affectés à la gestion de la paix dans la région auraient été placés sous la responsabilité de la Primature. Ils avancent le montant de 3,77 milliards de francs CFA pour les deux années écoulées.
Les signataires attribuent cette gestion à Ousmane Sonko, Premier ministre et maire de Ziguinchor, qu’ils accusent d’avoir détourné ces ressources de leur objectif initial. Ils soutiennent que ces fonds auraient pu servir à financer des besoins prioritaires dans le domaine du déminage et de la reconstruction.
Ils avancent notamment l’hypothèse d’une utilisation de ces ressources pour l’achat de véhicules et la réfection du Building administratif.
« Nous condamnons cette pratique de détournement d’objectif », déclarent-ils.
Ces accusations, qui constituent l’un des passages les plus sensibles de leur prise de position, sont formulées sans pièces justificatives dans le document transmis. Elles ne permettent donc pas, à elles seules, d’établir l’existence d’un détournement de fonds ou de confirmer l’utilisation des montants évoqués.
La déclaration appelle, sur ce point, des éclaircissements des autorités compétentes, ainsi que les éventuelles réponses des personnes mises en cause. La question de la transparence dans la gestion des fonds destinés à la paix demeure néanmoins un enjeu important pour les populations de la Casamance.
Une demande insistante pour la reprise des opérations
Au-delà de la controverse financière, les responsables politiques de Nyassia reviennent à leur principale revendication : la reprise effective et accélérée du processus de retour des populations.
Ils demandent que les efforts engagés soient poursuivis et renforcés dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance. Pour eux, l’attente prolongée des populations déplacées ne peut être dissociée des difficultés rencontrées sur le terrain par les structures chargées du déminage et de la reconstruction.
La réinstallation des familles dans leurs villages d’origine suppose, selon leur position, une approche globale. Celle-ci doit intégrer la sécurisation des terres, la réhabilitation des infrastructures, la disponibilité des services sociaux et la relance des activités économiques.
Le retour des populations doit également être accompagné par un soutien aux communautés, afin de favoriser la réintégration sociale et la reprise des activités agricoles et commerciales.
Dans cette perspective, les responsables de Nyassia estiment que les investissements annoncés par l’État doivent bénéficier de manière effective aux territoires les plus durement touchés par la crise.
Mamadou Diallo et Ansoumana Diatta, un engagement politique affiché
Le ralliement de l’honorable Mamadou Diallo à KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, sous la supervision du coordinateur départemental Pr Ansoumana Diatta, intervient donc dans un contexte où les enjeux politiques et les préoccupations de développement local sont étroitement liés.
Pour les responsables de Nyassia, l’adhésion au parti présidentiel doit permettre de mieux accompagner l’action du chef de l’État, tout en renforçant la prise en compte des besoins de leur commune.
Leur démarche repose sur la conviction que l’engagement politique doit contribuer à la transformation concrète des conditions de vie des populations. Ils souhaitent notamment voir accélérer les projets relatifs au déminage, aux routes, à l’eau potable, à l’électrification et aux infrastructures sociales.
En choisissant de rejoindre KIIRAAY, les responsables de BUNT BI de Nyassia affichent ainsi leur volonté de participer à la nouvelle dynamique présidentielle. Ils entendent faire de leur implantation locale un levier pour défendre les intérêts de la commune et accompagner les initiatives de développement en Casamance.
Une adhésion placée sous le signe du développement
La déclaration se conclut par un engagement solennel des responsables politiques de Nyassia à soutenir le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Ils réaffirment leur détermination à œuvrer pour le développement de leur commune, de la Casamance et du Sénégal tout entier. Leur adhésion à KIIRAAY – Les Patriotes Républicains est présentée comme un choix politique, mais également comme une démarche destinée à renforcer leur contribution aux efforts de paix et de reconstruction.
Dans une commune où les séquelles de la crise demeurent visibles, le retour des populations, la sécurisation des terres et l’accès aux services essentiels restent les principales attentes. La nouvelle équipe politique entend désormais inscrire son action dans cette perspective.
Le ralliement de Mamadou Diallo et des responsables de BUNT BI de Nyassia ouvre ainsi une nouvelle séquence dans la vie politique locale. Il reste à voir comment cette adhésion se traduira sur le terrain et dans quelle mesure elle contribuera à accélérer les réponses attendues par les populations.
C.M.K horizon.sn








