SAMES Ziguinchor : « Nous exigeons des actes », les médecins passent à la vitesse supérieure

Grève des 8 et 9 septembre : le syndicat dénonce le silence de l’État, réclame des réponses sur les carrières, les indemnités et les infrastructures sanitaires

Le torchon brûle entre le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) et les autorités sanitaires. À Ziguinchor, le syndicat est monté au créneau ce mardi 8 septembre 2026 pour expliquer les raisons de la grève déclenchée après l’expiration de son préavis. Face à la presse, le coordinateur du SAMES pour la zone de Ziguinchor, Dr Marc Manga, a dénoncé l’absence de réponses satisfaisantes de l’État et appelé les professionnels à une mobilisation totale.

« La patience ne peut pas être confondue avec de la faiblesse »

Réunis au Centre hospitalier régional de Ziguinchor, les responsables du SAMES ont voulu lever toute ambiguïté sur leur démarche.

Selon le Dr Marc Manga, le syndicat a longtemps privilégié le dialogue, donnant aux nouvelles autorités le temps de prendre connaissance des dossiers hérités et notamment de la plateforme revendicative élaborée avec l’État depuis 2023.

Mais cette période de patience n’aurait pas permis d’obtenir les avancées attendues.

Le syndicat estime avoir suffisamment attendu et considère désormais que l’absence de réponses concrètes ne peut plus durer.

« La patience ne peut pas être confondue avec de la faiblesse et le sens des responsabilités ne doit pas être interprété comme une résignation », a lancé le coordinateur du SAMES de la zone de Ziguinchor.

Statut particulier, titularisation, salaires : le SAMES hausse le ton

Au cœur de la plateforme revendicative, le SAMES réclame l’élaboration d’un statut particulier du corps médical, intégrant les dimensions administratives, juridiques et financières.

Le syndicat demande également le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes appelés à servir dans le secteur public, le relèvement à 40 ans de l’âge de titularisation, ainsi que l’avancement systématique dans la fonction publique.

Sur le plan social, les revendications portent notamment sur un régime indemnitaire équitable et une pension de retraite revalorisée à 80 % du dernier salaire net.

Le SAMES réclame aussi la prise en compte des années de contractualisation dans les carrières et l’intégration prioritaire des agents exerçant dans les zones difficiles.

L’IRM de Ziguinchor toujours au cœur des préoccupations

À l’échelle régionale, les revendications prennent une dimension particulière.

Le SAMES réclame la réhabilitation de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, ainsi que l’octroi d’une subvention spéciale pour permettre à l’établissement d’éponger sa dette.

Autre exigence : le démarrage effectif de l’IRM de la région, équipement présenté comme indispensable pour améliorer la prise en charge des patients et limiter certaines évacuations sanitaires.

Le syndicat réclame également le démarrage effectif des travaux du nouveau centre de santé de Djouloulou, ainsi que la construction du centre de santé de Bignona, dont l’état est jugé alarmant.

À cela s’ajoute la question du remboursement des gratuités accordées par l’État dans le cadre notamment des césariennes, du Plan Sésame et de la dialyse.

Primes hospitalières : le SAMES accuse le ministère

La tension est également alimentée par la question des primes.

Le SAMES dénonce une note circulaire du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique datée du 19 août 2026, que le syndicat considère comme une tentative de suppression de primes obtenues, selon lui, à l’issue de longues luttes dans les établissements hospitaliers.

Pour le syndicat, ces acquis ne sauraient être remis en cause sans ouvrir un nouveau front social.

« Notre combat n’est pas corporatiste »

Le SAMES entend surtout convaincre l’opinion publique que son mouvement dépasse la seule défense des intérêts des médecins.

Pour le Dr Marc Manga, les conditions de travail des professionnels de santé ont un impact direct sur la qualité des soins.

« Défendre les conditions de travail, de carrière, de rémunération et de protection des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, c’est défendre la qualité des soins offerts aux populations », soutient-il en substance.

Le syndicat plaide ainsi pour davantage de ressources humaines, des équipements adaptés, une meilleure répartition territoriale des infrastructures et une politique sanitaire permettant aux populations d’accéder à des soins de qualité à moindre coût.

Le mot d’ordre est clair : respecter la grève

Après plusieurs mois de dialogue, le SAMES appelle désormais ses militants à observer strictement la grève des 8 et 9 septembre 2026, conformément au plan d’action du Bureau exécutif national.

À Ziguinchor, le Dr Marc Manga invite les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes à rester unis, disciplinés et mobilisés.

Le syndicat affirme toutefois ne pas fermer la porte aux négociations.

Mais cette fois, le message adressé à l’État est sans équivoque : les promesses ne suffisent plus.

« Nous demeurons ouverts au dialogue, mais nous exigeons des actes. Nous demeurons attachés au service public de santé, mais nous refusons l’indifférence. Nous demeurons responsables, mais nous serons déterminés. »

Le bras de fer est donc engagé. Reste désormais à savoir si les autorités sanitaires parviendront à désamorcer la crise avant qu’elle ne prenne une ampleur nationale.

C.M.K horizon.sn

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