CASAMANCE – RECONSTRUCTION DU PONT ÉMILE BADIANE

Pont Émile Badiane : après l’annonce du Premier ministre, le CRPEBDC exige désormais des actes

Au lendemain de la 24e commémoration du naufrage du bateau Le Joola, le Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et du développement de la Casamance (CRPEBDC) accueille avec espoir l’engagement annoncé par le Premier ministre. Le chef du gouvernement a assuré que, malgré les contraintes financières, les premiers travaux pourraient être lancés avant la fin de l’année, avec une inscription des crédits nécessaires dans le budget prévisionnel 2027. Le Collectif dit prendre acte, mais prévient : il restera vigilant et jugera désormais l’engagement gouvernemental à l’aune des actes.

Le dossier de la reconstruction du pont Émile Badiane connaît un nouveau développement. À l’occasion de la cérémonie officielle marquant le 24e anniversaire du naufrage du Joola, présidée à Ziguinchor par le Premier ministre, une annonce particulièrement attendue par les populations de la Casamance a été faite concernant cet ouvrage stratégique.

Selon le compte rendu fait par le Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et du développement de la Casamance (CRPEBDC), le Premier ministre a assuré que les travaux pourraient commencer avant la fin de l’année, avec les moyens financiers disponibles, tandis que le budget nécessaire à la construction de l’ouvrage devrait être inscrit dans le budget prévisionnel de 2027.

Une annonce que le collectif considère comme « un message d’espoir », mais qui appelle, à ses yeux, un suivi attentif.

« Nous prenons bonne note, mais nous restons vigilants »

Membre du CRPEBDC, Atab Diémé Bodian salue l’engagement du gouvernement, tout en soulignant que le collectif entend désormais suivre de près sa concrétisation.

« Nous avons suivi l’intervention du Premier ministre et nous avons pris bonne note de son engagement. Il a assuré les populations de Ziguinchor et de la Casamance que, Inshallah Rabi, avant la fin de l’année, avec le peu d’argent qu’ils ont, ils vont déjà commencer à lancer les travaux. Et que le budget relatif à la construction de cet ouvrage sera inscrit dans le budget prévisionnel de 2027 », rapporte-t-il.

Pour le responsable du collectif, cette annonce constitue une perspective encourageante. Mais elle ne marque pas la fin de la mobilisation.

« C’est un message d’espoir. Mais nous restons vigilants. Nous allons suivre et nous apprécierons après le gouvernement à travers les actes qu’il va poser dans le cadre de ce projet-là », insiste Atab Diémé Bodian.

La confiance dans l’État, mais pas question de relâcher la vigilance

Le CRPEBDC réaffirme sa confiance dans les autorités publiques et considère que la reconstruction du pont Émile Badiane relève pleinement de la responsabilité de l’État.

« Nous réitérons notre totale confiance au gouvernement, puisque c’est un ouvrage national. Il doit être construit par le gouvernement du Sénégal », rappelle Atab Diémé Bodian.

Cette position n’empêche cependant pas le collectif de rappeler les précédentes attentes suscitées autour du projet.

« Plusieurs fois, des promesses ont été faites et, à la fin, nous nous sommes rendu compte que ces promesses n’ont pas été réalisées. Donc, nous allons être vigilants, comme je l’ai dit, et nous les apprécierons à l’acte », affirme-t-il.

Le message est ainsi clair : l’annonce gouvernementale est accueillie favorablement, mais le collectif entend désormais mesurer sa portée à travers les réalisations effectives sur le terrain.

Un ouvrage stratégique pour toute la Casamance

Au-delà de son importance pour Ziguinchor, le pont Émile Badiane est présenté par le CRPEBDC comme un ouvrage d’intérêt national, compte tenu de son rôle dans la mobilité, les échanges et le développement économique de la Casamance.

Pour Atab Diémé Bodian, son importance dépasse largement les limites de la capitale régionale.

« Ce pont est un ouvrage extrêmement important pour les populations de la région naturelle de Casamance, mais aussi pour tout le Sénégal. C’est un ouvrage qui a toujours tiré le développement de cette région », souligne-t-il.

La dégradation avancée de l’infrastructure constitue, selon le collectif, une préoccupation supplémentaire. Les risques liés à l’état de l’ouvrage renforcent, à ses yeux, le caractère urgent de sa reconstruction.

« Son état de dégradation très avancé fait qu’il y a des risques de sécurité qui se posent. D’où la nécessité de faire de sa reconstruction une extrême urgence », plaide le membre du CRPEBDC.

Le CRPEBDC se positionne en sentinelle du dossier

Au-delà des prises de parole, le Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et du développement de la Casamance entend poursuivre sa mission d’alerte et de veille citoyenne.

« Notre mission, c’est une mission d’alerte et de veille. Nous nous présentons comme étant des citoyens qui vont mener une mission d’alerte et de veille par rapport à cet ouvrage », explique Atab Diémé Bodian.

Le collectif entend ainsi suivre l’évolution du dossier, depuis les premières opérations annoncées jusqu’à la réalisation effective de l’ouvrage.

L’annonce du Premier ministre est donc considérée comme une étape importante, mais pas comme l’aboutissement du processus.

« Nous avons pris bonne note de l’annonce officielle faite par le Premier ministre. Mais, en tant que structure organisée et légale, nous allons réaliser notre mission de veille par rapport à cette annonce », prévient-il.

Le CRPEBDC entend notamment observer le respect des échéances annoncées et l’effectivité des actes devant accompagner la promesse gouvernementale. Si les délais venaient à s’écouler sans avancées concrètes, le collectif indique qu’il se réserve la possibilité de prendre position.

Pour l’heure, il privilégie donc l’attente et le suivi.

Entre espoir et vigilance, le message du CRPEBDC tient en une formule : l’annonce est enregistrée, mais ce sont désormais les actes qui seront scrutés.

C.M.K horizon.sn

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