ZIGUINCHOR — La tension monte à l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor. Après plus d’une année d’alertes, de concertations et de tentatives de dialogue, l’Intersyndicale de l’établissement, regroupant le SAMES, le SNTRA et le SUTSAS, dénonce la persistance de nombreux dysfonctionnements et annonce un plan d’action pour obtenir des réponses concrètes des autorités sanitaires.
Face à la presse, Ousmane Ndiaye, secrétaire général du SAMES à l’Hôpital de la Paix et coordonnateur de l’Intersyndicale, a dressé un tableau préoccupant de la situation. Selon lui, les difficultés rencontrées ne relèvent plus de problèmes ponctuels, mais affectent désormais le fonctionnement quotidien de l’établissement et, par conséquent, la qualité de la prise en charge des patients.

Des équipements en panne et des ruptures d’examens
Au cœur des préoccupations syndicales figurent les ruptures récurrentes de certains examens biologiques indispensables. L’Intersyndicale déplore également l’état de plusieurs équipements essentiels au diagnostic, notamment la radio numérique télécommandée et la radiographie panoramique dentaire.
Le cas du scanner est également cité comme une illustration des difficultés persistantes. L’appareil aurait été à l’arrêt pendant plus de six mois. À cela s’ajoute, selon les syndicats, l’absence de livraison de l’IRM annoncée pour la Casamance depuis plus de trois ans.
« Comment garantir des soins de qualité lorsque des explorations biologiques indispensables connaissent des ruptures récurrentes ? Comment assurer un diagnostic efficace lorsque les équipements essentiels sont en panne ? », s’interroge l’Intersyndicale.
Pour les travailleurs, ces dysfonctionnements ont des répercussions directes sur les professionnels de santé comme sur les patients, particulièrement dans une région où l’accès aux soins spécialisés demeure un enjeu majeur.

Vingt-deux revendications au cœur de la mobilisation
L’Intersyndicale met sur la table 22 revendications, qu’elle présente comme autant de mesures nécessaires au redressement de l’établissement.
Parmi les principales exigences figurent la disponibilité permanente des examens biologiques indispensables, la réparation des équipements d’aide au diagnostic, le respect des normes de radioprotection dans les services d’imagerie et au bloc opératoire, ainsi que le renforcement des équipements médicaux et de bureau.
Les syndicats demandent également l’extension du logiciel de gestion Hospitalia, une réévaluation transparente de la dette globale de l’hôpital et le paiement régulier des indemnités, primes, astreintes et motivations hospitalières.
Sur le plan social, l’Intersyndicale réclame aussi la régularisation des cotisations dues à l’IPRES et à la Caisse de sécurité sociale, ainsi que l’extension de l’indemnité d’harmonisation aux travailleurs concernés.

La question de la gouvernance est également au centre des préoccupations. Les représentants du personnel réclament davantage de transparence dans la gestion des ressources financières, matérielles et logistiques, le recrutement d’un auditeur interne et une amélioration du fonctionnement des instances techniques.
À ces revendications s’ajoutent le renforcement des effectifs, l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité, une meilleure gestion des déchets biomédicaux, l’amélioration des conditions de séjour des usagers et, plus largement, la réhabilitation de l’hôpital.
« Nous ne revendiquons pas le superflu »
Pour l’Intersyndicale, ces revendications ne sauraient être assimilées à de simples demandes corporatistes.
« Nous ne revendiquons pas le superflu », martèle-t-elle, estimant que les problèmes soulevés concernent directement la sécurité des patients et la qualité des soins.
Un équipement médical défectueux, une rupture de réactifs, un service en manque de personnel ou encore le non-paiement régulier de droits financiers sont, selon les syndicats, autant de situations susceptibles d’avoir des conséquences humaines.
L’Intersyndicale appelle ainsi les autorités administratives et sanitaires à prendre la pleine mesure de la situation et à apporter des réponses « concrètes, précises, formalisées et assorties d’échéances ».

Un plan d’action déjà programmé
Tout en réaffirmant sa préférence pour le dialogue, l’Intersyndicale prévient que celui-ci ne peut constituer une fin en soi. Elle exige désormais des décisions et des résultats mesurables.
À défaut de réponses satisfaisantes, les syndicats annoncent la mise en œuvre de leur plan d’action, dans le cadre du préavis couvrant la période du 1er juillet au 31 décembre 2026.
Le calendrier annoncé prévoit notamment :
- Lundi 17 août : sit-in de 9h à 13h, assemblée générale, port du brassard rouge et point de presse ;
- Mardi 18 et mercredi 19 août : port du brassard rouge ;
- Jeudi 20 août : grève générale ;
- Vendredi 21 août : évaluation en intersyndicale ;
- Mardi 25 et mercredi 26 août : grève générale ;
- Vendredi 28 août : nouvelle évaluation en intersyndicale ;
- Lundi 31 août : sit-in de 10h à 12h, évaluation avec la base et, en l’absence de satisfaction, adaptation du plan d’action.
L’Intersyndicale assure toutefois que les mouvements seront organisés dans le respect des urgences et du service minimum, conformément aux dispositions légales et au plan d’action adopté.

À l’Hôpital de la Paix, le message des syndicats est donc clair : après plus d’un an d’alertes, l’heure est désormais aux réponses et aux actes. La balle est désormais dans le camp des autorités sanitaires, appelées à trouver des solutions aux difficultés qui, selon les travailleurs, menacent à la fois leurs conditions de travail et la qualité des soins dispensés aux populations de Ziguinchor et de la Casamance.
C.M.K horizon.sn








