Près de vingt ans après l’élaboration des premiers supports de sensibilisation aux risques liés aux mines, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) estime qu’il est temps de les adapter aux nouvelles réalités du terrain. Réunis à Ziguinchor, les principaux acteurs de l’action antimines ont lancé un processus de révision des outils et des messages afin de renforcer la protection des populations exposées aux engins explosifs.
Le contexte de l’action antimines a profondément évolué en Casamance. C’est le constat dressé par le directeur du Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS), Salomon Diédhiou, à l’ouverture, mardi à Ziguinchor, d’un atelier consacré à l’harmonisation des outils d’éducation aux risques des engins explosifs, organisé avec l’appui du ministère luxembourgeois des Affaires étrangères.

Selon lui, les supports élaborés lors du premier atelier d’harmonisation en 2008 – affiches, dépliants, boîtes à images et abécédaire – ont constitué pendant de nombreuses années des références pour les campagnes de sensibilisation. Toutefois, près de deux décennies plus tard, ils ne répondent plus pleinement aux exigences d’un environnement en constante évolution.
« Les réalités ont changé. Ce nouveau contexte impose une révision des outils et des messages afin de garantir leur pertinence et leur adéquation aux défis actuels », a déclaré le directeur du CNAMS devant les participants.
Salomon Diédhiou a rappelé que l’action antimines ne se limite pas aux opérations de dépollution. Elle repose également sur l’éducation aux risques, l’assistance aux victimes, le plaidoyer et la destruction des stocks d’engins explosifs. À ses yeux, ces différentes composantes ne peuvent produire des résultats durables que lorsqu’elles sont mises en œuvre de manière cohérente et complémentaire.
Il a insisté sur le rôle déterminant de l’éducation aux risques dans les zones encore contaminées. « Si le déminage élimine le danger, l’éducation aux risques permet aux communautés de vivre avec davantage de sécurité en attendant la dépollution complète des terres. Elle favorise l’adoption de comportements responsables et contribue à prévenir les accidents », a-t-il expliqué.

Le responsable du CNAMS a exprimé l’espoir que les recommandations issues de cet atelier servent de socle à la conception de nouveaux supports de communication plus efficaces et mieux adaptés aux réalités des communautés.
Prenant la parole à son tour, Abdourahmane Bâ, chef du projet « RVA » de Humanité & Inclusion, a plaidé pour l’actualisation du cadre commun de référence afin d’intégrer les évolutions du contexte sécuritaire, les nouveaux modes de communication et les besoins exprimés par les populations.
« Nous avons aujourd’hui l’opportunité de concevoir des outils plus modernes, plus inclusifs et plus proches des réalités du terrain, afin d’améliorer l’efficacité de nos interventions au bénéfice des communautés », a-t-il souligné.
Présente en Casamance depuis près de vingt ans, Humanité & Inclusion accompagne les populations affectées par les mines à travers le déminage humanitaire, l’éducation aux risques, l’assistance aux victimes ainsi que la relance des activités socio-économiques.
Pour Abdourahmane Bâ, l’objectif demeure inchangé : permettre aux communautés de retrouver un cadre de vie sûr, de réaccéder à leurs terres et de relancer leurs activités économiques, dans la perspective d’une paix durable en Casamance.
Cheikh. M.k horizon.sn









