Ziguinchor, 20 juillet 2026 – Le Projet de Développement Économique de la Casamance (PDEC) entre dans une nouvelle phase de son exécution. À l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la mission de supervision du projet, présidée par le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Balla Moussa Fofana, la Banque mondiale et l’État du Sénégal ont officialisé un financement additionnel qui porte l’enveloppe globale du projet à 85 millions d’euros, soit près de 56 milliards de francs CFA. Une nouvelle impulsion qui permettra d’étendre les interventions du PDEC à la région de Kédougou, tout en consolidant les acquis enregistrés en Casamance.
Dans son adresse, le ministre Balla Moussa Fofana a inscrit cette dynamique dans la vision du président de la République, fondée sur la territorialisation des politiques publiques et une croissance économique portée par les régions.
« Le développement du Sénégal ne peut plus être pensé uniquement à Dakar. Le PIB ne doit plus être concentré dans la capitale. Les huit pôles territoriaux doivent contribuer à la création de richesse », a déclaré le ministre.
Selon lui, le PDEC constitue déjà une illustration concrète de cette nouvelle approche, puisqu’il place les collectivités territoriales au cœur de la planification et de la mise en œuvre du développement.
Plus de 300 000 bénéficiaires en Casamance
Le ministre a dressé un bilan jugé encourageant de l’exécution du projet.
À ce jour, plus de 300 000 habitants de la Casamance ont été directement impactés par les interventions du PDEC. Le programme accompagne également plus de 60 collectivités territoriales, tout en poursuivant un vaste programme de désenclavement.
Sur les 300 kilomètres de pistes et de routes rurales programmés, près de la moitié est déjà réalisée, facilitant l’accès aux zones de production agricole et favorisant le retour des populations dans les villages affectés par plusieurs années de crise.
« La mobilité rurale permet le retour des populations dans leurs villages, mais aussi l’accès aux vallées agricoles où se trouvent les véritables ressources de nos territoires », a souligné Balla Moussa Fofana.
Le projet intervient également dans le renforcement de la gouvernance locale, la réalisation d’infrastructures sanitaires et éducatives ainsi que l’accompagnement des acteurs économiques.
Une enveloppe portée à près de 56 milliards de FCFA
L’un des temps forts de cette mission de supervision reste l’annonce du financement additionnel obtenu grâce à la Banque mondiale.
Initialement doté d’environ 40 millions d’euros (près de 26 milliards de FCFA), le projet bénéficie désormais d’une rallonge qui porte son enveloppe globale à 85 millions d’euros, soit près de 56 milliards de francs CFA.
Pour le ministre, cette augmentation traduit la confiance des partenaires dans les résultats obtenus.
« Si nous démontrons que la territorialisation des politiques publiques est porteuse de croissance et de création de richesse, nous pourrons répliquer ce modèle dans les sept autres pôles territoriaux du Sénégal », a-t-il affirmé.
Le ministre estime que le véritable enjeu économique du pays réside désormais dans la création de richesse.
« Le plus important n’est pas le débat sur la dette. Le plus important, c’est le débat sur la création de richesse et sur les projets structurants capables de transformer nos territoires. »
La Banque mondiale salue les acquis du projet
Intervenant au nom de la Banque mondiale, Dr Mame Safietou Djamil Gueye, experte en gouvernance et chargée du projet PDEC, a rappelé que cette mission revêt un caractère particulier avec la signature officielle de l’accord de financement additionnel.
Elle a salué l’engagement constant des autorités sénégalaises, des collectivités territoriales et des partenaires techniques.
Un hommage particulier a été rendu aux maires.
« Vous êtes les chevilles ouvrières du développement local. Grâce à votre engagement, les réalisations du PDEC prennent tout leur sens dans les territoires. »
Elle a également salué le rôle du gouverneur de Ziguinchor ainsi que l’implication des services déconcentrés, des agences régionales de développement, des organisations communautaires et des populations bénéficiaires.
Construire, mais surtout entretenir
Si les résultats du projet sont jugés probants, la Banque mondiale insiste désormais sur leur pérennisation.
Mobilité rurale, infrastructures socio-économiques, renforcement des capacités institutionnelles et cohésion sociale figurent parmi les acquis majeurs du PDEC.
Toutefois, Dr Mame Safietou Djamil Gueye a lancé un avertissement.
« Construire ne suffit pas. Des mécanismes solides d’entretien et de maintenance sont indispensables, faute de quoi les investissements risquent progressivement de perdre leur valeur. »
Le décaissement, principal défi de la nouvelle phase
L’autre priorité porte sur l’amélioration du taux de décaissement.
Selon la responsable de la Banque mondiale, les ressources financières doivent désormais être transformées plus rapidement en réalisations concrètes au bénéfice des populations.
« Le taux de décaissement demeure en deçà des niveaux attendus. Tous les acteurs doivent accélérer le rythme d’exécution afin que les financements produisent rapidement leurs effets sur le terrain. »
Elle a appelé l’équipe de coordination, les collectivités territoriales et les services techniques à renforcer leur coordination, leur planification et leur redevabilité.
Kédougou rejoint désormais le projet
Autre annonce majeure de cette cérémonie : l’intégration de Kédougou dans le périmètre d’intervention du PDEC.
Pour le ministre Balla Moussa Fofana, cette extension s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale des Pôles-Territoires.
« Kédougou n’est pas la fin du Sénégal. Kédougou est la porte de l’Afrique et une région d’une richesse extraordinaire. »
Pour la Banque mondiale, cette évolution confirme le caractère innovant du PDEC, considéré comme le premier projet pleinement aligné sur la politique nationale des Pôles-Territoires.
L’emploi des jeunes et des femmes au cœur de la nouvelle ambition
Grâce à ce financement additionnel, le PDEC entend renforcer les chaînes de valeur agricoles et halieutiques, soutenir davantage le secteur privé, accompagner les coopératives locales et faire de l’emploi des jeunes et des femmes une priorité.
La nouvelle phase du projet, qui se poursuivra jusqu’en juin 2030, devra également consolider la gouvernance locale, favoriser une participation accrue des femmes, des jeunes, des personnes de retour et des groupes vulnérables aux mécanismes de décision et au développement économique.
En clôturant cette cérémonie, les autorités sénégalaises et la Banque mondiale ont réaffirmé leur ambition commune de faire du PDEC un modèle national de développement territorial. Fort des résultats enregistrés en Casamance, le projet est désormais appelé à inspirer la mise en œuvre de programmes similaires dans l’ensemble des pôles territoriaux du Sénégal, avec pour objectif une croissance plus inclusive, équilibrée et durable.
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