Arrêté préfectoral à Ziguinchor : Le Kankourang et le Diambadong désormais sous haute surveillance

​Face à la recrudescence des violences durant les vacances scolaires, la préfecture serre la vis. Un nouveau comité de régulation, dirigé par Monsieur Abdoulaye Diop alias Karmala et Alpha Yaffa, annonce l’interdiction formelle de certaines pratiques et conditionne désormais les festivités traditionnelles à une autorisation préalable.

​À l’approche des vacances, l’effervescence culturelle en Casamance se mêle désormais à une vive préoccupation sécuritaire. Les dérives violentes constatées ces dernières années lors des rassemblements populaires ont poussé les autorités administratives à réagir fermement. Réunies à la préfecture de Ziguinchor, les autorités locales et les différentes entités communautaires ont acté la mise en place d’un comité de régulation historique. Objectif affiché : encadrer strictement les manifestations estivales pour garantir la sécurité de tous tout en préservant l’essence des traditions locales.

​Entre rigueur administrative et sauvegarde culturelle

​Dans les couloirs de la préfecture, l’ambiance est solennelle. Le constat est unanime : les vacances ne peuvent plus être le théâtre de violences gratuites sous couvert de célébrations. Pour y remédier, le département de Ziguinchor a été découpé en cinq zones stratégiques, chacune placée sous la responsabilité de leaders locaux chargés de filtrer les demandes d’activités. Désormais, l’organisation d’un diambadong ou la sortie d’un kankourang relèvent d’un parcours réglementaire strict, débutant par l’avis des responsables de zone avant d’obtenir le feu vert final du préfet.

​Le comité a également tranché sur les pratiques les plus problématiques. Jugés trop propices aux débordements, le sibondo et le fanikendo sont purement et simplement bannis de la commune.

​« Que ce soit le sibondo ou le fanikendo, ils sont strictement interdits ici aussi dans la commune de Ziguinchor. […] Celui qui prend l’engagement de le faire fera face à la réglementation. »

— Alpha Yaffa, vice-coordonnateur du comité.

Cette reprise en main par l’autorité administrative fait grincer des dents certains traditionalistes, qui y voient une ingérence. Une perception que le comité s’efforce de corriger en rappelant sa propre légitimité culturelle et son initiation au bois sacré. Loin de vouloir dénaturer le patrimoine mandingue, la structure se positionne comme un bouclier pour protéger un héritage aujourd’hui international.

​« Il est de notre devoir de protéger ce patrimoine qui est devenu aujourd’hui universel. Nous n’avons pas le droit de gâcher ce que nos arrière-grands-parents nous ont laissé. Je précise encore que c’est le kankourang « Gabounké », parce que nous avons plusieurs sortes de kankourang. » Alpha Yaffa.

Sur le terrain, la coordination de cette nouvelle feuille de route repose sur les épaules de Monsieur Abdoulaye Diop alias Karmala, nommé coordonnateur principal. Son rôle sera de centraliser les évaluations, de tenir des sessions régulières avec le comité et de faire remonter les rapports au préfet, qui conserve le dernier mot sur toutes les autorisations.

​La récréation est terminée à Ziguinchor. L’arsenal juridique et administratif est fin prêt : un arrêté préfectoral officialisant ces mesures draconiennes est déjà en vigueur. En combinant un découpage territorial strict et des interdictions ciblées, les autorités espèrent ramener la sérénité dans les quartiers. Le défi reste de taille : faire respecter la loi sans étouffer l’âme festive de la Casamance naturelle. Les prochaines semaines serviront de premier test grandeur nature pour ce nouveau dispositif de sécurité publique.

C.M.K horizon.sn 

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