Les autorités administratives et les acteurs engagés dans la lutte contre les mines antipersonnel ont procédé, jeudi à Madina Manjack, dans le département de Bignona, au lancement officiel de la relance des opérations de déminage humanitaire en Casamance. Cette initiative s’inscrit dans les orientations définies par le président de la République afin de permettre au Sénégal de respecter ses engagements internationaux en matière d’action antimines.

La cérémonie s’est tenue à la suite des instructions données par le chef de l’État lors de sa tournée économique en Casamance, en décembre dernier. Présidant l’événement, le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, a souligné que la reprise des activités de déminage constitue une étape importante vers l’atteinte de l’objectif fixé à l’horizon 2031 dans le cadre de la Convention d’Ottawa, qui interdit l’utilisation, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel.

Selon le chef de l’exécutif régional, le déminage humanitaire représente un levier majeur pour favoriser le retour des populations déplacées dans leurs localités d’origine, tout en permettant la récupération de vastes superficies de terres destinées aux activités agricoles et économiques.
Mor Talla Tine a rappelé que cette action occupe une place centrale dans le Plan Diomaye pour la Casamance, aux côtés du renforcement de la sécurité et de la promotion de l’inclusion économique. Il a également mis en avant les efforts déjà consentis par l’État à travers la réalisation d’infrastructures sociales de base dans plusieurs zones de la région.
Le gouverneur a, par ailleurs, lancé un appel aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils renforcent leur accompagnement au Sénégal dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, dans un contexte marqué par des défis de mobilisation des ressources.
De son côté, le directeur général du Centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS), Salomon Diédhiou, s’est réjoui de la reprise effective des opérations après plusieurs années de ralentissement. Il a précisé que les premières interventions seront menées de manière progressive, dans le strict respect des normes de sécurité et de qualité qui encadrent ce type d’activités.
À ce stade, a-t-il indiqué, l’ONG Handicap International (HI) demeure la seule organisation disposant d’une accréditation opérationnelle et des ordres de mission nécessaires pour démarrer les travaux sur le terrain. Toutefois, d’autres organisations sont actuellement en cours d’accréditation et devraient être déployées dans différentes zones afin d’accélérer le rythme des opérations.

Salomon Diédhiou a rappelé l’ampleur des défis qui subsistent en Casamance, où plus d’un million de mètres carrés de terres demeurent encore contaminés ou suspects. Face à cette situation, il a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les autorités, les partenaires au développement et les opérateurs spécialisés afin de sécuriser les zones concernées et de répondre aux nombreuses attentes des communautés affectées par la présence de mines.
C.M.K horizon.sn










