Ziguinchor : les femmes leaders de Casamance en formation pour conquérir les chambres consulaires

À travers un atelier de quatre jours, des femmes venues de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou s’outillent pour intégrer les chambres de commerce, encore largement dominées par les hommes. Une initiative stratégique portée par des acteurs locaux avec l’appui du Canada.
IRenforcer le leadership féminin et corriger un déséquilibre structurel dans les instances économiques : tel est l’objectif de l’atelier de formation ouvert ce lundi 20 avril 2026 à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor. Pendant quatre jours, des femmes actives dans divers secteurs économiques vont se familiariser avec les mécanismes, les enjeux et les opportunités qu’offrent les chambres consulaires.

Dans la salle de conférence de la Chambre de commerce de Ziguinchor, les échanges sont directs et sans complaisance. Le constat est partagé par tous : les femmes, pourtant très présentes dans l’activité économique locale, restent largement absentes des sphères de décision.
Oumy Sagna, opératrice économique et représentante du président de la Chambre de commerce régionale, ne mâche pas ses mots :
« Les femmes sont partout dans le commerce, dans la transformation, dans les activités génératrices de revenus. Mais dans les chambres consulaires, elles sont presque invisibles. »
Pour elle, cette situation s’explique en grande partie par un déficit d’information et de structuration :
« Beaucoup de femmes évoluent dans l’informel, sans reconnaissance juridique. Elles ignorent souvent que la Chambre de commerce peut les accompagner dans la formalisation de leurs activités. »
L’atelier se veut donc un espace de mise à niveau, mais aussi de projection.
« Ce n’est pas une campagne électorale, mais une préparation. Nous voulons que ces femmes soient prêtes à se présenter demain et à occuper des postes de responsabilité », souligne-t-elle.
Autre point crucial soulevé : l’implication des jeunes.
« Il faut intégrer la jeunesse dans cette dynamique. Le commerce ne se limite pas aux grandes entreprises. Même les activités du quotidien relèvent de l’économie. Mais sans formation, les jeunes restent en marge », alerte Oumy Sagna.
Derrière cette initiative, un partenariat international structurant. Le projet FEM LEAD, financé par le Fonds canadien d’initiatives locales, ambitionne de changer la donne.
Elhadji Diouf, directeur de Catalyste+ Canada, explique :
« Nous accompagnons des femmes leaders pour renforcer leurs capacités et favoriser leur accès aux chambres de commerce. Leur présence dans ces institutions est un levier essentiel pour le développement local. »
Il insiste sur une approche basée sur le mérite et l’engagement :
« Nous ciblons des femmes actives, membres des chambres consulaires, avec un potentiel réel pour participer aux prochaines élections et peser dans les décisions. »
Du côté des participantes, l’intérêt est manifeste. Mama Diémé, venue de Sédhiou, mesure déjà les retombées :
« Cette formation nous permet de comprendre le rôle de la Chambre de commerce. Beaucoup de femmes n’étaient pas informées. Aujourd’hui, elles commencent à se formaliser et à s’organiser. »
Elle annonce la suite du combat :
« Nous allons retourner sur le terrain pour sensibiliser davantage de femmes et de jeunes. Il faut qu’ils intègrent ces structures pour défendre leurs intérêts. »

Au-delà des échanges, cet atelier pose les bases d’un changement profond dans la gouvernance économique locale. En préparant les femmes à investir les chambres consulaires, les initiateurs du projet FEM LEAD ouvrent la voie à une représentation plus équitable et à un développement plus inclusif en Casamance. Un chantier ambitieux, mais désormais bien enclenché.

C.M.K horizon.sn

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