Le Port autonome de Dakar accélère la transformation des ports régionaux. À Ziguinchor, l’installation du chef de département s’accompagne du lancement d’une stratégie ambitieuse visant à dynamiser l’activité portuaire et soutenir l’économie locale.
Le port de Ziguinchor entre dans une nouvelle phase de son développement. En déplacement dans la capitale sud, le Directeur général du Port autonome de Dakar (PAD), Wally Diouf Bodian, a procédé à l’installation du chef de département du port, un acte fort qui s’inscrit dans une stratégie globale de relance des infrastructures portuaires régionales.
La rencontre, tenue dans un hôtel de la place, a réuni les autorités administratives, dont le gouverneur Mor Talla Tine, le président du Conseil départemental Georges Anianias Massaly, ainsi que de nombreux acteurs économiques de la région.
-Une réforme pour corriger les déséquilibres
Face aux participants, le DG du PAD a dressé un constat sans détour : depuis les indépendances, le développement portuaire est resté largement concentré à Dakar, laissant les ports régionaux en retrait. Une situation que les nouvelles autorités entendent corriger à travers la mise en place d’un système portuaire intégré.
« Il s’agit de connecter les ports régionaux à Dakar pour en faire de véritables pôles économiques », a expliqué Wally Diouf Bodian. Cette vision s’inscrit dans la stratégie Sénégal 2050, qui ambitionne de faire des infrastructures logistiques des leviers majeurs de croissance.
-Ziguinchor, maillon stratégique
Dans cette dynamique, Ziguinchor occupe une place de choix. L’installation du chef de département du port vise à renforcer la gouvernance locale et à améliorer la coordination des activités portuaires.
Après Kaolack, cette étape marque la poursuite d’une tournée nationale qui devrait s’étendre à d’autres ports comme Saint-Louis et Dahonga. L’objectif est clair : impulser une nouvelle organisation capable de moderniser et de rentabiliser les ports régionaux.
-COSAMA en appui aux filières économiques
Présent à cette rencontre, le directeur général de la COSAMA, Baba Tall, a réaffirmé l’engagement de sa structure à accompagner cette dynamique. Avec une flotte de cinq navires, la compagnie se dit prête à soutenir le transport des produits agricoles, notamment l’anacarde et la mangue, entre la Casamance et Dakar.
Mais des contraintes subsistent. Le dragage du fleuve Casamance apparaît comme une priorité pour garantir la navigabilité et fluidifier le trafic maritime. « C’est une condition essentielle pour le succès des campagnes agricoles », a insisté Baba Tall.
Les acteurs économiques entre espoir et vigilance
Du côté des opérateurs économiques, la rencontre a été globalement bien accueillie. Les échanges ont permis de clarifier plusieurs points et d’ouvrir des perspectives de collaboration.
« Nous avons besoin d’une gestion transparente et inclusive », a souligné Demba Diémé, représentant de la filière anacarde. Les acteurs locaux insistent sur la nécessité d’être pleinement associés aux réformes, afin de garantir leur efficacité et leur acceptation.
Un tournant pour le port de Ziguinchor
Avec cette initiative, les autorités entendent faire du port de Ziguinchor un véritable moteur de développement régional. Entre modernisation des infrastructures, amélioration de la logistique et renforcement de la gouvernance, les bases d’une relance durable semblent posées.
Reste désormais à traduire ces ambitions en actions concrètes, pour que ce « nouvel élan portuaire » se matérialise au bénéfice des populations et de l’économie de la Casamance.
C.M.K Horizon.sn











