CASAMANCE – INFRASTRUCTURES
L’annonce du renoncement à la construction du nouveau pont Émile Badiane, faite par le Premier ministre lors de sa Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, provoque une vive réaction en Casamance. Dans un communiqué publié ce jeudi 10 septembre 2026, le Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et le développement de la Casamance exprime sa « profonde consternation », son « indignation » et sa « colère », tout en appelant à une mobilisation pacifique pour obtenir la relance du projet.

Le projet du nouveau pont Émile Badiane est de nouveau au cœur de la controverse en Casamance. Après l’annonce faite mardi 8 septembre 2026 par le Premier ministre devant les députés, actant le renoncement à la construction de l’infrastructure pour des raisons liées au financement, le Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et le développement de la Casamance monte au créneau.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le collectif dit accueillir cette décision avec une « profonde consternation », une « vive indignation » et une « immense colère ». Il estime que l’annonce gouvernementale constitue un véritable « coup de massue » pour les populations de la région, les usagers de la route et l’ensemble des forces vives de la Casamance.
Une infrastructure jugée préoccupante
Pour le collectif, le maintien du statu quo est d’autant plus incompréhensible que le pont Émile Badiane, vieux de plus d’un demi-siècle, se trouve, selon lui, dans un état de dégradation très avancée.
L’organisation alerte ainsi sur les risques liés à la sécurité des usagers et évoque une situation susceptible de déboucher sur une catastrophe humaine. Elle considère que l’état de l’ouvrage impose désormais une intervention urgente des pouvoirs publics.
Le collectif rejette également l’argument financier avancé par l’État pour expliquer le non-démarrage du nouveau projet. Il juge ce motif « irrecevable » et y voit « l’aveu d’un manque flagrant de respect envers les citoyens » qui attendent depuis plusieurs années la réalisation de cette infrastructure considérée comme stratégique pour la région.
« Un rétropédalage inacceptable »
Dans son communiqué, le collectif dénonce avec fermeté ce qu’il qualifie de « rétropédalage inacceptable », intervenant, selon lui, après plusieurs engagements et promesses concernant la construction du nouvel ouvrage.
« Nous dénonçons fermement et avec la dernière énergie ce rétropédalage inacceptable qui condamne notre région à l’insécurité routière », soutient le collectif, qui redoute un risque quotidien pour les usagers du pont.
Face à cette situation, l’organisation exige du gouvernement le rétablissement immédiat du projet du nouveau pont Émile Badiane parmi les priorités budgétaires nationales d’urgence.
Le collectif réclame une mobilisation pacifique
Le Collectif demande également à l’État de rechercher les financements nécessaires à la réalisation de l’infrastructure, estimant que la Casamance doit bénéficier du même niveau d’attention que les autres régions du pays en matière d’investissements structurants.
Au-delà de la dénonciation, le collectif lance un appel à la mobilisation. Il invite les citoyens, les syndicats de transporteurs, les associations ainsi que les acteurs économiques de la Casamance à se mobiliser « massivement et pacifiquement » pour réclamer, dit-il, le droit à la sécurité et au développement.
Une nouvelle bataille autour du pont Émile Badiane semble ainsi s’ouvrir en Casamance, alors que l’annonce gouvernementale sur le financement du projet continue de susciter de fortes réactions dans la région.
Fait à Ziguinchor, le 10 septembre 2026
Cellule de communication du Collectif pour la reconstruction du pont Émile Badiane et le développement de la Casamance
C.M.K horizon.sn










