Au lendemain de sa grande interview accordée samedi soir à la presse nationale — RTS, Walf TV et TFM — le président Bassirou Diomaye Faye a recentré le débat politique autour de sa personne, en réaffirmant avec fermeté les fondements de l’autorité présidentielle.
Pendant plus de deux heures, en direct du Palais de la République, le chef de l’État a abordé sans détour plusieurs sujets sensibles, à commencer par ses relations avec son Premier ministre, Ousmane Sonko. Bassirou Diomaye Faye a tenu à clarifier la nature du lien institutionnel qui les unit.
« Ousmane Sonko est en fonction parce qu’il bénéficie de ma confiance. Le jour où ce ne sera plus le cas, je nommerai un autre Premier ministre », a déclaré le président, rappelant que la nomination du chef du gouvernement relève exclusivement de la prérogative présidentielle.
Le chef de l’État a également rejeté toute idée d’un quelconque accord politique préalable entre lui et son Premier ministre. « Il n’existe aucun pacte », a-t-il insisté, avant de souligner que « le Premier ministre est choisi par décret par le président de la République ». Un message clair, destiné à dissiper les spéculations sur l’existence de centres de pouvoir concurrents au sommet de l’État.
Dans la même dynamique, Bassirou Diomaye Faye a mis en garde contre tout risque de crise institutionnelle, affichant sa volonté de préserver la stabilité des institutions.
Sur le terrain partisan, le président a aussi revendiqué son rôle dans la construction de PASTEF. « Ce parti, je l’ai bâti de mes mains », a-t-il affirmé, réaffirmant ainsi son ancrage politique au sein de la formation au pouvoir.
Interpellé sur la candidature de l’ancien président Macky Sall à un poste au sein des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye a révélé avoir été informé de cette démarche par trois chefs d’État étrangers, sans toutefois en dire davantage.
Cette sortie présidentielle intervient alors qu’Ousmane Sonko prépare lui aussi une prise de parole très attendue. Le Premier ministre a annoncé qu’il s’exprimera prochainement pour dresser le bilan de ses deux années à la Primature.
Selon lui, cette intervention portera notamment sur « la gouvernance, la souveraineté, les ressources naturelles et les plans de redressement ».
Après la démonstration d’autorité du chef de l’État, la scène politique sénégalaise se tourne désormais vers le “grand oral” annoncé du Premier ministre, dans un contexte où chaque déclaration est scrutée comme un indicateur majeur de l’équilibre du pouvoir au sommet de l’État.
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