Détruite à 80 % lors des troubles de 2023, l’ancienne Alliance française de Ziguinchor amorce sa renaissance. Rebaptisée « Alliance franco-sénégalaise de Casamance », l’institution culturelle a inauguré, jeudi, ses nouveaux locaux provisoires en présence de l’ambassadrice de France et des autorités locales.
C’est une page nouvelle qui s’écrit pour l’une des institutions culturelles les plus emblématiques du Sud du Sénégal. À Ziguinchor, l’Alliance franco-sénégalaise de Casamance a officiellement inauguré ses nouveaux locaux d’appoint, marquant ainsi une étape importante dans sa reconstruction après les événements de 2023. La cérémonie, tenue ce jeudi 9 avril 2026, a également été l’occasion de dévoiler la nouvelle identité de cette structure historique.
Dans les jardins encore marqués par les stigmates du passé, autorités diplomatiques, élus locaux, partenaires et usagers ont répondu présents pour célébrer ce moment chargé d’émotion. Parmi eux, l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, ainsi que plusieurs responsables institutionnels, dont le président du conseil départemental Georges Anianias Massaly.
Soutenue par la Fondation CMA-CGM, la structure culturelle renaît progressivement de ses cendres grâce à la mise en place de locaux provisoires destinés à relancer ses activités. « C’est une renaissance pour l’Alliance, même si elle demeure fragile », a souligné Christine Fages. Elle a insisté sur l’importance de l’appropriation de cet espace par les populations locales, appelant les habitants de la Casamance à s’y engager davantage, notamment à travers les abonnements, les formations et l’organisation d’événements.
Au-delà de la simple réhabilitation, cette transformation s’accompagne d’un changement d’échelle. Désormais baptisée « Alliance franco-sénégalaise de Casamance », l’institution affiche clairement son ambition de couvrir l’ensemble du territoire casamançais. « Ziguinchor ne résume pas la Casamance », a rappelé la diplomate, plaidant pour un rayonnement élargi et inclusif.
Pour le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, cette inauguration ravive de nombreux souvenirs. Il a salué le rôle historique de l’Alliance dans la formation de plusieurs générations d’élèves et de cadres de la région. « Elle a été un pilier dans l’accès au savoir, notamment grâce à son important fonds bibliothécaire », a-t-il rappelé, tout en réaffirmant l’engagement de la municipalité à accompagner sa relance.
Les autorités locales voient également dans cette nouvelle dynamique une opportunité de renforcer les liens de coopération entre le Sénégal et la France, notamment à travers les collectivités territoriales. Un rôle que l’Alliance joue déjà, mais qui mérite, selon eux, d’être davantage valorisé et développé.
Entre mémoire et renouveau, l’Alliance franco-sénégalaise de Casamance entame une nouvelle ère, portée par une volonté collective de reconstruction et d’ouverture. Si les défis restent nombreux, l’institution semble désormais tournée vers l’avenir, avec l’ambition de redevenir un carrefour culturel majeur au service de toute la Casamance.
C.M.K horizon.sn












