Chérif Younousse Guèye hausse le ton : « La Casamance ne doit pas payer le prix des blocages politiques »

ZIGUINCHOR – Au moment où les débats autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 suscitent des tensions à l’Assemblée nationale, Chérif Younousse Guèye, membre fondateur de KIIRAAY, formation politique associée au président Bassirou Diomaye Faye, appelle à la responsabilité des députés. Pour ce responsable de la stratégie politique du mouvement à Ziguinchor, les divergences parlementaires ne doivent pas prendre le dessus sur les urgences de la Casamance, notamment le retour des populations déplacées, la reconstruction des villages et le désenclavement des zones affectées par le conflit.

La Casamance, au-delà des querelles politiques

Le débat budgétaire national soulève une préoccupation majeure pour les territoires qui attendent des investissements publics. En Casamance, les besoins demeurent importants : sécurisation des zones de retour, réhabilitation des infrastructures, relance agricole et amélioration des voies de communication.

Dans ce contexte, Chérif Younousse Guèye défend la nécessité de préserver les conditions d’une action publique continue. Il appelle les députés, quelle que soit leur appartenance politique, à mesurer les conséquences concrètes de leurs décisions sur les populations.

Pour lui, les discussions sur la LFR ne doivent pas se transformer en un obstacle supplémentaire pour les communautés qui attendent des réponses durables aux conséquences du conflit.

Un appel à la responsabilité parlementaire

Le responsable de KIIRAAY invite l’opposition à dépasser la confrontation politique et à participer à la recherche de solutions. Le contrôle parlementaire des finances publiques est essentiel, mais il doit, selon cette orientation politique, s’accompagner d’un dialogue permettant de faire avancer les dossiers prioritaires.

L’enjeu n’est pas de renoncer à la transparence ni aux exigences de bonne gouvernance. Il s’agit plutôt de concilier ces exigences avec l’urgence des besoins sociaux et économiques.

Fonds spéciaux et développement : clarifier les moyens disponibles

La question des fonds spéciaux doit également être examinée avec précision. Chérif Younousse Guèye appelle à clarifier la nature des ressources disponibles, leurs modalités d’utilisation et les mécanismes de contrôle, tout en veillant à ce que les priorités de la Casamance soient effectivement prises en compte dans les programmes publics.

Le retour durable des déplacés nécessite une approche globale : sécurisation des zones concernées, accès aux services sociaux de base, reconstruction des logements et relance des activités agricoles.

Le désenclavement constitue un autre impératif. Routes, pistes de production et ponts doivent permettre aux habitants de circuler plus facilement, aux élèves de rejoindre leurs établissements et aux producteurs d’acheminer leurs récoltes vers les marchés.

Des résultats attendus par les populations

Pour Chérif Younousse Guèye, la réussite des politiques publiques ne se mesurera pas seulement aux annonces budgétaires, mais à leur traduction dans la vie quotidienne : familles réinstallées durablement, villages accessibles, écoles fonctionnelles et activités économiques relancées.

Son appel s’adresse à l’ensemble des acteurs politiques : faire de la paix et du développement de la Casamance une priorité nationale qui transcende les rivalités partisanes.

C.M.K. Horizon.sn

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