Bootcamp du Sud : la jeunesse sénégalaise se mobilise pour préserver la Casamance

ZIGUINCHOR — La jeunesse sénégalaise veut prendre une part active dans la protection de l’environnement. C’est dans cet esprit que la Plateforme des Volontaires du Sénégal (PVS) a lancé, vendredi 18 septembre 2026 au lycée Djignabo de Ziguinchor, les activités de la troisième édition du « Bootcamp du Sud ». Pendant cinq jours, du 17 au 22 septembre, quelque 200 jeunes volontaires venus des 14 régions du Sénégal vont se retrouver en Casamance autour d’un même objectif : renforcer leur engagement citoyen et contribuer à la préservation des écosystèmes.

Placée sous le thème « Engagement éco-citoyen et solutions pratiques pour la préservation des écosystèmes en Casamance », cette rencontre entend conjuguer formation, sensibilisation et actions concrètes sur le terrain.

La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence notamment de Seydina Ka, inspecteur de la Jeunesse de Ziguinchor, représentant le préfet Latyr Ndiaye, d’Aliou Sakho, adjoint au maire de la commune de Ziguinchor, de Lucie Seck, présidente du Conseil de la jeunesse, d’Adama Diédhiou, délégué départemental du Cadre de vie de Ziguinchor, ainsi que de plusieurs partenaires, parmi lesquels Saifi Hamit Dawalbet, analyste de programme et expert juridique, et Thierno Mamadou Baldé, représentant-pays de Budg IT Sénégal.

Ousmane Dembélé : « Nous allons réveiller en eux ce qui dort : le leadership »

Représentant le président de la Plateforme des Volontaires du Sénégal et membre de la commission organisation, logistique et sécurité, Ousmane Dembélé a d’abord salué la présence des 200 participants venus des différentes régions du pays.

Il a insisté sur le caractère sélectif du processus ayant conduit à la constitution de cette cohorte. « Il y avait beaucoup de postulants. Finalement, ils ont été retenus par leur compétence et leur vécu. Ce sont des jeunes leaders qui sont regroupés ici et qui ont été retenus pour apprendre et faire un camp de cinq jours, du 17 au 22 septembre », a-t-il expliqué.

Pour lui, le Bootcamp doit surtout permettre de provoquer un véritable changement de mentalité chez les participants. « Nous allons apprendre à ces jeunes à faire ce qu’on appelle un changement de mentalité. C’est-à-dire réveiller en eux ce qui dort, parce qu’en chaque jeune ici, il y a un leadership », a-t-il déclaré.

Selon Ousmane Dembélé, les jeunes ont souvent la volonté de transformer leurs localités, mais restent confrontés à la question du « comment ». Le Bootcamp doit donc leur fournir des outils et des connaissances leur permettant de passer de l’intention à l’action.

À l’issue du séjour à Ziguinchor, les participants devront retourner dans leurs régions respectives pour partager les connaissances acquises et initier, à leur tour, des actions communautaires.

Parmi les activités annoncées figurent notamment la plantation de mangroves, mais également le recyclage et la valorisation des pneus usagés afin de contribuer à l’embellissement des espaces de vie.

« Au lieu d’attendre que les réalisations nous viennent des gouvernants, des communes ou des mairies, cela doit aussi partir de la population. Les jeunes doivent prendre l’initiative de changer leur localité dans le bon sens, d’embellir leur environnement. La salubrité, ça doit être notre affaire à nous tous », a-t-il soutenu.

Aliou Sakho salue le choix porté sur Ziguinchor

L’adjoint au maire de Ziguinchor, Aliou Sakho, s’est, pour sa part, réjoui du choix porté sur la Casamance, et particulièrement sur la ville de Ziguinchor, pour abriter cette édition du Bootcamp.

Il a estimé que cette rencontre constitue une opportunité pour les jeunes de mettre en pratique les notions liées à la citoyenneté, tout en participant à la protection et à la préservation des écosystèmes.

« Ils sont là pour un Bootcamp de quelques jours, histoire de mettre en pratique les théories sur la citoyenneté, mais également de participer à la protection et à la préservation de l’écosystème et à l’amélioration du cadre de vie de façon générale », a-t-il indiqué.

L’élu municipal s’est également dit satisfait de voir cette initiative se tenir à Ziguinchor. À ses yeux, les retombées pourraient dépasser les frontières de la capitale du Sud, notamment grâce à la restitution des acquis par les participants une fois de retour dans leurs régions.

« Je pense qu’au-delà de Ziguinchor, c’est le Sénégal qui en sortira bénéficiaire », a-t-il estimé.

Seydina Ka : « On ne peut plus développer le Sénégal sans sa jeunesse »

Représentant le préfet de Ziguinchor, l’inspecteur de la Jeunesse Seydina Ka a salué la motivation et la détermination affichées par les participants.

Selon lui, les différentes interventions lors de la cérémonie ont permis de mesurer l’engagement des jeunes volontaires et leur volonté de contribuer davantage aux politiques et initiatives en faveur de la jeunesse.

Il a souhaité que cette troisième cohorte du Bootcamp du Sud soit une réussite, notamment au regard de la pertinence du thème choisi, en parfaite cohérence, selon lui, avec les réalités environnementales de la Casamance.

« Que ce Bootcamp soit véritablement une réussite en termes d’orientation et de perspectives pendant ces cinq jours », a-t-il souhaité.

Seydina Ka a également insisté sur la place désormais incontournable de la jeunesse dans les politiques de développement. Pour lui, une nouvelle dynamique est en train de s’installer, dans laquelle les jeunes doivent être pleinement associés aux décisions qui concernent l’avenir du pays.

« On ne peut plus développer aujourd’hui ce pays sans la jeunesse. Il y a une ère qui est définitivement fermée dans notre pays », a-t-il déclaré, faisant référence aux démarches consistant à réunir uniquement les autorités pour décider sans associer suffisamment les jeunes.

Il rappelle que la jeunesse représente une part majeure de la population sénégalaise et estime que son implication constitue désormais un élément essentiel de toute stratégie de développement.

Adama Diédhiou : « Ziguinchor devient un carrefour de talents, d’idées et d’engagements »

Le délégué départemental du Cadre de vie de Ziguinchor, Adama Diédhiou, a également magnifié l’initiative de la Plateforme des Volontaires du Sénégal et la confiance accordée au territoire de la Casamance.

Il a particulièrement insisté sur la portée symbolique de la présence de 200 jeunes issus des 14 régions du Sénégal à Ziguinchor.

« Quel symbole que de réunir ici 200 jeunes venus des 14 régions du Sénégal. Ziguinchor devient aujourd’hui un carrefour de talents, d’idées et d’engagements. Une jeunesse, 14 régions, un même objectif : agir pour le Sénégal. Cette diversité est notre force », a-t-il déclaré.

Pour Adama Diédhiou, cette mobilisation démontre que la jeunesse peut constituer une véritable force de transformation lorsqu’elle est organisée autour d’objectifs communs.

Il a cité plusieurs enjeux au cœur du Bootcamp : la restauration des écosystèmes, la réhabilitation des espaces verts, l’économie circulaire et l’engagement citoyen.

« Notre environnement est dégradé et continue de se dégrader. Nos espaces publics ont besoin d’attention. Nos ressources naturelles doivent être protégées. Mais nous avons une formidable opportunité : la jeunesse », a-t-il souligné.

Le responsable du Cadre de vie a rappelé le caractère exceptionnel du patrimoine naturel de la Casamance et la nécessité de préserver cet héritage collectif.

« La Casamance possède un patrimoine naturel exceptionnel. Le préserver n’est pas seulement une mission de service de l’État. C’est l’affaire de tous. Et surtout, c’est une responsabilité que nous devons transmettre et partager avec la jeunesse », a-t-il insisté.

S’adressant aux 200 volontaires, il les a invités à faire de ce Bootcamp un véritable espace d’apprentissage, d’échange, mais surtout d’action : « Vous êtes ici pour apprendre et échanger. Mais surtout, pour agir. »

À travers cette troisième édition, la Plateforme des Volontaires du Sénégal entend ainsi faire de Ziguinchor un laboratoire de l’engagement éco-citoyen et de la mobilisation de la jeunesse autour des enjeux environnementaux. De la mangrove au recyclage, en passant par la restauration des espaces verts et l’amélioration du cadre de vie, les 200 volontaires sont appelés à transformer les connaissances acquises en actions concrètes, aussi bien en Casamance que dans leurs différentes régions d’origine.

C.M.K horizon.sn

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