Ziguinchor : le délabrement avancé de la voirie / Quand le réseau routier s’effondre sous les pluies 

À Ziguinchor, la dégradation du réseau routier continue de susciter l’indignation des populations. D’année en année, plusieurs axes stratégiques de la région se détériorent davantage, rendant les déplacements particulièrement difficiles, surtout en cette période d’hivernage où les usagers font face à un véritable calvaire.

Les pluies ont une nouvelle fois mis en lumière l’ampleur du problème. Parmi les axes les plus touchés figure la route Ziguinchor–Cap Skirring, considérée comme l’une des plus importantes de la région. Autrefois praticable, elle est aujourd’hui dans un état de dégradation avancé. Les nombreux nids-de-poule, aggravés par les fortes précipitations, se sont transformés en véritables cratères, compliquant fortement la circulation et mettant à rude épreuve véhicules et usagers.

Cette situation inquiète d’autant plus que cet axe mène à l’aéroport de Cap Skirring, principale porte d’entrée des visiteurs, notamment des touristes. Pour de nombreux habitants, l’image offerte aux voyageurs ternit celle de la Casamance et risque d’affecter durablement l’attractivité touristique de la région. Emprunter cette route relève désormais du parcours du combattant.

Le constat est similaire sur plusieurs autres tronçons de la région. Les routes Bignona–Diouloulou–Kafountine, Bignona–Sindian–Djibidione et Oussouye–Mlomp–Elinkine présentent également un niveau de dégradation avancé. Avec l’hivernage, certains segments deviennent difficilement praticables, transformant chaque déplacement en épreuve pour les populations, les transporteurs et les passagers.

Face à cette situation qui perdure depuis plusieurs années, les voix s’élèvent. Récemment, les populations de Sindian se sont mobilisées pour dénoncer l’état de leurs routes et interpeller les autorités. Elles s’interrogent sur les retards accusés dans la réhabilitation de ces infrastructures pourtant essentielles au désenclavement, aux échanges commerciaux et au développement touristique de la région.

À ce jour, seules la route nationale n°4 ainsi que certains tronçons, notamment la boucle des Kalounayes et la boucle du Boudié, ont bénéficié de travaux de réhabilitation. Pour le reste, les routes continuent de se dégrader au fil des saisons, sans amélioration visible sur le terrain.

Pourtant, lors d’un Comité régional de développement (CRD) organisé à Ziguinchor, les autorités avaient annoncé un programme de densification et de réhabilitation du réseau routier pour la période 2025-2026. Mais ces engagements tardent encore à se traduire par des actions concrètes.

En attendant la matérialisation de ces promesses, les populations continuent de subir les conséquences d’un réseau routier en délabrement avancé. Une situation qui constitue aujourd’hui un défi majeur pour la mobilité, l’économie locale et le développement de toute la région. Entre routes défoncées et sentiment d’abandon, la détresse grandit dans le Sud, où la dégradation des infrastructures impacte lourdement le quotidien des habitants, le commerce et le tourisme.


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