En visite à Ziguinchor ce jeudi 5 mars 2026, le président de l’Union nationale des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal, Serigne Mboup, a affiché son soutien à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor (CCIAZ) et aux opérateurs économiques de la région. Face à la polémique autour de la gestion du port de Ziguinchor par le Port autonome de Dakar, il a plaidé pour le respect des textes et pour une meilleure valorisation du potentiel économique de la Casamance.
La question de la gestion du port de Ziguinchor continue de susciter de vives réactions dans la région sud du Sénégal. Après les prises de position des membres fondateurs du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), de la société civile et d’opérateurs économiques, c’est désormais le président de l’Union nationale des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal, Serigne Mboup, qui est monté au créneau. À la tête d’une forte délégation, il s’est rendu à Ziguinchor pour manifester son soutien à la CCIAZ et apporter des éclaircissements sur le débat lié à la gestion du port.
Lors de cette visite, Serigne Mboup a d’abord tenu à réaffirmer son attachement à la Casamance, qu’il considère comme une région stratégique pour le développement économique du Sénégal. Selon lui, la paix durable dans cette partie du pays ne se limite pas à l’absence de conflit, mais passe également par le développement économique, la création d’emplois et l’autosuffisance des populations.
Dans cette dynamique, il a salué les efforts entrepris par le président de la République et le Premier ministre Ousmane Sonko dans le cadre du plan de développement de la Casamance, qui vise à renforcer les infrastructures et à attirer davantage d’investissements dans la région.
Le président de l’Union nationale des Chambres de commerce a également rappelé le rôle historique joué par les chambres de commerce de Ziguinchor et de Kaolack dans la création et le développement des infrastructures portuaires. Selon lui, ces institutions consulaires ont contribué à bâtir ces ports avec leurs propres ressources afin de soutenir le commerce et l’économie territoriale.
Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de renforcer la complémentarité entre le port de Dakar, celui de Kaolack et celui de Ziguinchor afin de stimuler le développement économique national et régional. Toutefois, il s’est montré préoccupé par certaines dispositions institutionnelles relatives à la représentation des chambres de commerce dans les instances nationales, notamment au sein du conseil d’administration du Port autonome de Dakar.
Selon lui, certaines pratiques ne respecteraient pas pleinement les textes régissant l’organisation consulaire au Sénégal. Il a notamment rappelé que les ports régionaux ont été historiquement liés aux chambres de commerce, lesquelles ont investi dans leur développement.
Abordant directement la question du port de Ziguinchor, Serigne Mboup a estimé que l’objectif du décret signé sous l’ancien président Macky Sall n’était pas de transférer la gestion des ports régionaux, mais plutôt de créer un pôle portuaire national favorisant la coopération entre les différentes chambres de commerce.
Il a également mis en lumière les difficultés logistiques auxquelles font face les opérateurs économiques de la région. À titre d’exemple, il a souligné qu’acheminer un conteneur entre Dakar et Ziguinchor peut coûter jusqu’à trois millions de francs CFA, alors que le transport du même conteneur jusqu’en Chine peut revenir à moins de deux millions de francs CFA, une situation qui pénalise fortement la compétitivité des entreprises locales.
Enfin, le président de l’Union nationale des Chambres de commerce a indiqué avoir échangé avec le Premier ministre Ousmane Sonko, qui lui aurait assuré que le décret en question pourrait être réexaminé. Il a toutefois appelé à éviter toute application précipitée pouvant fragiliser les intérêts économiques de la région.
En apportant son soutien à la Chambre de commerce de Ziguinchor et aux acteurs économiques de la région, Serigne Mboup a plaidé pour un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes afin de trouver une solution équilibrée autour de la gestion du port. Pour lui, le développement de la Casamance passe inévitablement par la valorisation de ses infrastructures portuaires et par une implication plus forte du secteur privé dans les politiques économiques nationales.
Mafou kouyate horizon.sn









