KAOUR / MANGACOUNDA : AMY MARA DIEYE LANCE LA CONSTRUCTION D’UNE UNITÉ MODERNE DE TRANSFORMATION HALIEUTIQUE POUR L’AUTONOMISATION DES FEMMES

La commune de Kaour franchit une étape importante dans la valorisation de ses ressources halieutiques avec la pose de la première pierre d’une unité moderne de transformation de poissons à Mangacounda. Financé par le Japon et mis en œuvre par la FAO en partenariat avec le ministère des Pêches et de l’Économie maritime, ce projet vise à améliorer les conditions de travail des femmes transformatrices, réduire les pertes après capture et renforcer l’économie locale.

La commune de Kaour, dans le département de Goudomp, a accueilli une cérémonie marquante avec le lancement des travaux de construction d’une unité moderne de transformation de produits halieutiques à Mangacounda. Présidant cette initiative aux côtés des autorités administratives et des partenaires, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dieye, a réaffirmé l’engagement de l’État en faveur de la modernisation de la pêche artisanale et de l’autonomisation économique des femmes.

Pour le maire de Kaour, Secou Ndiaye, cette infrastructure constitue une avancée majeure pour une localité dont l’économie repose largement sur la pêche. Selon lui, huit ménages sur dix à Mangacounda vivent de cette activité. Malgré l’importance des débarquements de poissons, de crevettes et d’autres produits halieutiques, les acteurs locaux restent confrontés à des difficultés de conservation et de transformation. Les femmes, en particulier, travaillent souvent dans des conditions précaires, avec des moyens limités qui favorisent les pertes et réduisent la valeur commerciale des produits.

Saluant la présence de la ministre, le maire y a vu un signe fort de proximité entre l’État et les populations. Il a exprimé sa reconnaissance au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au gouvernement, à la FAO et au Japon pour leur contribution à la réalisation de ce projet. Pour lui, cette unité permettra aux femmes de mieux valoriser les produits de la pêche, d’augmenter leurs revenus et de contribuer davantage à la prise en charge de leurs familles.

Toutefois, Secou Ndiaye a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la construction des bâtiments. Il a plaidé pour un accompagnement effectif des bénéficiaires à travers des formations en techniques modernes de transformation, en hygiène et en gestion, ainsi que la mise à disposition d’équipements adaptés. « Ne nous laissez pas, s’il vous plaît, seuls avec des murs », a-t-il lancé à l’endroit de la ministre. L’édile a également renouvelé la doléance relative à la construction d’un quai de pêche, indispensable, selon lui, pour sécuriser les débarquements et compléter les équipements nécessaires au développement de la filière.

De son côté, la ministre Amy Mara Dieye a souligné l’importance stratégique de cette infrastructure pour la sécurité alimentaire et le développement économique de la Casamance. Inscrit dans le cadre du projet Anarédifal, femme de la mer, financé par le Japon et mis en œuvre par la FAO en partenariat avec son département, le projet doit contribuer à améliorer la qualité des produits transformés, à réduire les pertes après capture et à créer des emplois durables au profit des femmes et des jeunes.

La ministre a rappelé que le poisson constitue une source essentielle de protéines pour les populations sénégalaises, particulièrement les ménages modestes. Selon elle, une meilleure conservation et une transformation adaptée permettront de mettre à la disposition des consommateurs des produits sains et de qualité, tout en renforçant les revenus des communautés de pêcheurs. Elle a également inscrit cette initiative dans les orientations de l’Agenda Sénégal 2050, qui place l’économie bleue et l’autonomisation des femmes parmi les leviers du développement national.

Amy Mara Dieye a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de préserver durablement les ressources halieutiques, à travers la lutte contre la pêche illicite, la transparence dans la gestion du secteur et le renforcement de la cogestion locale. Elle a invité les femmes de Mangacounda à s’approprier cette infrastructure et à en assurer une gestion rigoureuse, tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à accompagner leurs initiatives, notamment par le renforcement des capacités et la facilitation de l’accès au financement.

Avec la pose de cette première pierre, Mangacounda nourrit désormais l’espoir d’une transformation durable de son économie locale. Pour les autorités municipales comme pour le département ministériel, le défi sera de faire de cette unité un véritable outil de création de richesses, d’emplois et d’émancipation féminine. Au-delà de l’infrastructure, c’est toute la chaîne de valeur de la pêche artisanale en Casamance qui est appelée à gagner en qualité, en compétitivité et en durabilité.

C.M.K / S.ND horizon.sn

HORIZON.SN
HORIZON.SN
Articles: 283

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *