Kataba (Bignona) – L’état de dégradation avancée de la route reliant la commune de Kataba à plusieurs villages, notamment Darou Salam Cherif, constitue aujourd’hui un frein majeur au développement économique, aux activités agricoles et au tourisme religieux dans cette partie du département de Bignona. Face à cette situation, le maire de Kataba, Alassane Diatta, a lancé un appel pressant à l’État et aux partenaires au développement afin que cet axe routier stratégique soit réhabilité dans les meilleurs délais.
Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, l’édile a dressé un tableau préoccupant des difficultés auxquelles sont confrontées les populations de cette vaste commune de 714 km², composée de 35 villages et forte de plus de 30 000 habitants.
« La commune de Kataba compte 35 villages et plus de 30 000 habitants, mais il n’existe pratiquement aucune route en bon état dans cette zone », a regretté Alassane Diatta.
Selon lui, cette situation compromet sérieusement le développement local, limite les échanges économiques et freine le potentiel touristique religieux d’une commune qui abrite plusieurs sites de référence.
Un axe vital pour l’économie locale
Le maire rappelle que cette route revêt une importance capitale pour l’économie de toute la zone. Elle permet le transport des produits agricoles, forestiers et ligneux, tout en servant de corridor aux éleveurs qui rejoignent les marchés de la région.
« Cette route est stratégique sur le plan économique. Elle facilite la circulation des produits forestiers, agricoles et pastoraux. Sa dégradation affecte directement les revenus des populations », a-t-il expliqué.
Cette voie dessert également plusieurs localités religieuses, dont Darou Salam Cherif, qui accueillera un important Gamou au cours de ce mois. Pendant la saison des pluies, l’état de la chaussée complique fortement les déplacements des fidèles et des visiteurs.
Un tourisme religieux menacé
Au-delà de son rôle économique, cette route constitue un maillon essentiel pour le tourisme religieux en Casamance. Les difficultés d’accès découragent progressivement les pèlerins qui participaient régulièrement aux manifestations religieuses organisées dans la zone.
Le notable religieux de Darou Salam Cherif, Mouftah Aïdara, estime que la situation pénalise lourdement les producteurs du terroir du Naran, situé à proximité de la frontière gambienne.
« Depuis plusieurs années, de nombreux producteurs préfèrent acheminer leurs récoltes vers la Gambie plutôt que d’emprunter cette route pour rejoindre Ziguinchor, Diouloulou ou Bignona. Cela représente d’importantes pertes économiques pour notre territoire », a-t-il déploré.
Il ajoute que les fidèles qui prenaient part à la ziarra hebdomadaire de Darou Salam Cherif renoncent de plus en plus à effectuer le déplacement en raison du mauvais état de la route.

Un appel au Plan Diomaye pour la Casamance
Face à cette situation jugée préoccupante, le maire sollicite l’intervention de l’État à travers le Plan Diomaye pour la Casamance, ainsi que l’implication des projets et programmes de développement intervenant dans la région.
Il a toutefois salué l’appui d’une entreprise de travaux publics qui, en partenariat avec la mairie, a mobilisé cinq camions et une pelle mécanique pour entreprendre des travaux de réhabilitation provisoire de certains tronçons, afin de faciliter la mobilité des populations.
Cette initiative fait suite aux nombreuses préoccupations exprimées par les habitants lors des réunions du Comité local de développement (CLD) et du Comité départemental de développement (CDD).
Pour les autorités municipales comme pour les populations, la réhabilitation durable de cet axe routier demeure aujourd’hui une priorité afin de désenclaver la commune de Kataba, soutenir les activités économiques et préserver le dynamisme du tourisme religieux dans cette partie de la Casamance.
C.M.K horizon.sn









