Réunis ce mardi 19 mai au Centre Culturel régional de Ziguinchor, les acteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme ont pris une part active aux états généraux initiés par le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Sous la présidence du gouverneur Mor Talla Tine, les échanges ont permis de dresser un diagnostic approfondi des difficultés du secteur tout en formulant des propositions fortes pour inscrire ces domaines stratégiques dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050.
Le Centre régional de Ziguinchor a servi de cadre, ce mardi 19 mai, à une importante rencontre consacrée aux états généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme. Cette initiative nationale, portée par le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme sur instruction des plus hautes autorités de l’État, vise à recueillir les contributions des acteurs locaux afin de construire une stratégie nationale de relance et de modernisation de ces secteurs considérés comme des piliers de l’économie sénégalaise.
Autour du gouverneur Mor Talla Tine, accompagné notamment du nouveau préfet d’Oussouye, plusieurs acteurs culturels, artisans, opérateurs touristiques, responsables administratifs et représentants des organisations professionnelles ont répondu présents à cette vaste concertation régionale.
Dans son intervention, le gouverneur a salué la forte mobilisation des participants avant de rappeler les ambitions de ces assises nationales. « Aujourd’hui, l’opportunité a été donnée aux acteurs de ces trois secteurs de participer de façon active à l’élaboration des stratégies qui devront conduire à la relance de ces secteurs clés de l’économie de notre pays », a-t-il déclaré.
Les discussions ont d’abord permis d’établir un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle. Les participants ont mis l’accent sur plusieurs difficultés majeures : manque de formation adaptée, faiblesse des mécanismes de financement, insuffisance de l’accompagnement technique et difficulté de formalisation des activités, particulièrement dans le secteur artisanal.
Les acteurs ont également insisté sur le rôle central des infrastructures dans le développement du tourisme en Casamance. Selon eux, plusieurs localités à fort potentiel touristique demeurent difficilement accessibles, notamment pendant la saison des pluies. Une situation qui freine considérablement l’attractivité de certaines zones pourtant riches en patrimoines naturels et culturels.
« Il existe une forte corrélation entre le développement de ces secteurs et la nécessité de mettre en place des infrastructures de mobilité pour désenclaver certaines localités », a souligné le gouverneur Mor Talla Tine.
Les échanges ont également porté sur la gouvernance et le cadre juridique encadrant certains secteurs, notamment celui de l’artisanat. Les participants ont plaidé pour une réforme profonde des textes régissant les chambres de métiers, dont certains remontent à plus de trois décennies.
Au-delà des réformes administratives, les acteurs ont exprimé le besoin urgent de disposer d’infrastructures modernes capables de soutenir la promotion de leurs activités. La modernisation du village artisanal, le renforcement des services techniques déconcentrés ainsi que la création de nouveaux espaces culturels et touristiques dans des localités comme Cap Skirring, kafountine et Elinkine figurent parmi les principales recommandations formulées lors de cette rencontre.
La valorisation du patrimoine historique et culturel de la Casamance a aussi occupé une place importante dans les débats. Les participants ont regretté le manque de visibilité accordé à certaines figures emblématiques de la région, notamment Aline Sitoé Diatta, considérée comme une icône de la résistance et du patrimoine historique sénégalais.
Pour les acteurs, la préservation et la promotion du patrimoine immatériel constituent aujourd’hui un levier essentiel pour renforcer l’attractivité touristique et transmettre l’histoire de la région aux générations futures.
« Les secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme ont besoin davantage d’accompagnement en termes de formation, de formalisation et de financement. » — Mor Talla Tine
« Certaines localités à fort potentiel touristique restent difficiles d’accès, surtout en période d’hivernage. »
« Le cadre juridique de l’artisanat mérite d’être rénové pour l’adapter aux réalités actuelles. »
« Le patrimoine culturel de Ziguinchor n’est pas suffisamment valorisé malgré sa richesse exceptionnelle. »
À travers ces états généraux, la région de Ziguinchor a clairement affiché sa volonté de jouer pleinement sa partition dans la dynamique de transformation économique et culturelle du Sénégal. Entre besoins d’infrastructures, réformes institutionnelles et valorisation du patrimoine historique, les acteurs ont formulé une série de recommandations ambitieuses destinées à nourrir la réflexion nationale. Pour les autorités comme pour les professionnels du secteur, ces concertations marquent une étape importante vers la construction d’une politique culturelle, artisanale et touristique plus inclusive, moderne et adaptée aux réalités des territoires.
C.M.K horizon.sn













